Environnement: La reforestation à la recherche d'investisseurs

Publié le par Alain GYRE

Environnement : La reforestation à la recherche d'investisseurs

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Les pépinières doivent tenir compte des superficies à reboiser en qualité et en espèces d’essences

La restauration des forêts malgaches intéresse davantage des investisseurs tant au niveau national qu'international. Elle devient un domaine d'investissement intéressant tout en étant un devoir citoyen.

La dégradation. La couverture forestière naturelle de Madagascar a été, en effet, réduite d’environ 19 millions d’hectares, dans les années 1950, à moins de 13 millions d’hectares au début des années 1990, soit une réduction de près de 32% en une quarantaine d’années.
L’analyse la plus récente du changement du couvert forestier national, conduite en 2007 sur la base d’images satellitaires Landsat, donne pour 1990 une superficie d’environ 10,7 millions d’hectares, d’environ 9,99 millions d’ ha en 2000, et d’environ 9,725 millions d’ ha en 2005. Le taux de déforestation annuel a connu une baisse allant de 0,83% pour la période 1990-2000 à 0,53% entre 2000 et 2005.
Mais la restauration de ce qui a été détruit fait appel un des moyens financiers importants. Des ONG et des entreprises privées se lancent sur le chantier. C'est le cas de la société Woodland, filiale du groupe AND.
« Selon les données émanant de l'administrateur délégué général de la société Fanalamanga, les deux-tiers de la superficie de forêts appartenant à la Fanalamanga nécessitent des travaux de replantation et d'entretien sylvicole », témoigne Andriambololonirina Rakotovao, PDG du groupe.
« Cette initiative requiert un budget important, c'est pourquoi les responsables ont lancé un appel au privé. Nous avons répondu et depuis l'année dernière, nous contribuons à la restauration, à l'entretien et à la gestion de la forêt de Fanalamanga sur 2 500 ha », précise-t-il.
Un contrat est établi entre les deux parties pour une période de 15 ans et renouvelable pour dix ans.
Allègement fiscal
La présence du secteur privé local reste encore restreinte dans le domaine.
« La plupart des entreprises malgaches effectuent des « reboisements pique-nique ». L'ensemble du personnel y participe afin de passer une journée verte, et conviviale. Mais après, il n'y a aucun suivi ni protection. Il n'existe pas un véritable programme environnemental », critique un responsable auprès de la société Alamanga Reforestation.
Cette société collabore essentiellement avec des entreprises et des particuliers, des eco-partners à l'extérieur. Ces derniers peuvent parrainer un ou plusieurs arbres. Dans la mise en œuvre de cette activité, Alamanga Reforestation a mis en place sa propre pépinière, elle s'approvisionne en graines auprès du Silo national des graines forestières (SNGF). Elle dispose, par ailleurs, de responsables de plantation, de gardiens qui assurent la protection et la sécurité des arbres, ainsi que de gestionnaires qui s'occupent de toutes les opérations.
La sensibilisation et la motivation restent encore de mise pour les opérateurs locaux. En France, par exemple, si une société alloue un budget de 100 euros pour la plantation d'arbres, elle bénéficie d'un allègement fiscal de 60%, soit 60 euros au niveau de ses dûs fiscaux.
L'ONG Graine de vie intervient à Madagascar depuis maintenant trois ans. Son projet, nominé aux « Belgian Energy & Environnement Awards 2011», a comme objectif de promouvoir la compensation de l’empreinte écologique des habitants des pays industrialisés par la plantation d’arbres dans des pays en voie de développement.
Les fonds collectés servent directement et intégralement à la gestion des pépinières et à la plantation d’arbres. Pendant cette période, un million d’arbres ont été plantés sur quatorze sites de reboisement à Madagascar.
Pour Graine de vie, des arbres endémiques dans les régions sont principalement plantés afin d'atteindre l'objectif du projet qui consiste à reconstituer la forêt primaire, aujourd’hui détruite par l’homme. Des arbres fruitiers sont aussi plantés pour que les forêts reconstituées servent également de vergers aux populations locales.


Contribution des autorités locales
Pour l'ONG Graine de vie, le lancement d'une nouvelle plantation mobilise l'ensemble des acteurs, à savoir les maires des communes, les chefs de district ainsi que les responsables des eaux et forêts et les directeurs des parcs nationaux malgaches.
Les autorités s’engagent avec l’ONG, par contrat, à protéger les plantations et à lutter contre les brûlis de forêts. La sensibilisation se fait via les écoles et les comités de quartier pour aider les populations à prendre conscience de la nécessité de protéger les forêts.
Aujourd’hui, l’idée de compensation de l’empreinte écologique est beaucoup plus facile à faire accepter par la population que l’idée de diminution de la consommation. Un arbre adulte planté à Madagascar compense chaque année plus de dix kilos de dioxyde de carbone (CO2). Il joue un rôle essentiel dans la compensation des émissions de CO2 provenant de l’activité humaine.

Lantoniaina Razafindramiadana

Mercredi 16 janvier 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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meranthe.c 17/01/2013 08:09

il faudrait intervenir aussi auprès des écoles et proposer de réaliser des plantations durant la scolarité.