Exploitation d'ilménite à Manakara: un grand danger pour une côte de 800 km

Publié le par Alain GYRE

Exploitation d’ilménite à Manakara: Un grand danger pour une côte de 800 km

     

 

Lundi, 27 Août 2012

Un changement radical et très dangereux pour l’homme et l’écosystème de cette côte de l’Atsimo-Atsinanana est à craindre.

D’après des spécialistes du secteur, la future exploitation de la bande de terre située entre le Pangalana et la mer par la société chinoise Mainland sera, en effet, catastrophique à plus d’un titre. Ils expliquent : « L’Atsimo-Atsinanana est une zone très sensible en matière d’écosystème. Elle est humide, compte des petits lacs et le canal de Pangalana. Le site à exploiter par Mainland se trouve dans cette zone et plus particulièrement entre le Pangalana et la mer. Cela veut dire que cette bande de terre de 800 km de long et de 2 km de large sera retournée, et voire saccagée par cette compagnie chinoise. Elle a déjà agi de même dans l’Analanjirofo. Et au rythme où vont les choses, elle est en passe de rééditer la même expérience malheureuse. Et ce sera au détriment de la population locale et de l’écosystème de la zone. Il est fort possible que l’exploitation fasse rejoindre la mer, le Pangalana et la grande terre, avec tout ce que cela comportera comme dangers écologique et humain ».

Malgré ces risques très élevés, les dossiers pour la demande du permis environnemental de Mainland ont été validés par le comité ad hoc du ministère des Mines. Or, ces documents ne précisent pas les phasages de l’exploitation et les technologies à utiliser par la compagnie. Ces données sont toutefois très importantes pour évaluer les différents risques d’une manière plus pointue. La validation du comité ad hoc laisse des spécialistes plus que perplexes. Car étant donné le caractère très sensible du site, les dossiers pour la demande de permis environnemental doivent comporter toutes les informations et données sur la vie du projet d’exploitation. Ce n’est pas le cas pour le projet de Mainland. Il faut aussi indiquer que le ministère a délivré à Mainland des autorisations environnementales pour quelques sites. Il peut délivrer de telles autorisations lorsqu’il juge les zones concernées comme non sensibles. Mais les spécialistes et experts sont unanimes sur la question : l’Atsimo Atsinanana est une zone très sensible. Personne ne sait donc sur quelles bases le ministère a délivré ces autorisations.

Mainland va travailler sur 22 000 carrés miniers étendus sur 1 600 km2. C’est 4 fois plus que la surface (400 km2) à exploiter par le consortium chinois Wisco à Soalala. Un détail d’importance attire l’attention quand on compare le traitement de ces deux dossiers qui ont été encadrés par un appel d’offres. Wisco a dû verser à l’Etat malagasy 100 millions de dollars pour accéder à Soalala, contre 200 000 dollars pour Mainland. Rappelons que l’Etat malagasy a effectué auparavant des recherches sur Soalala et tarife les résultats de ses recherches à 100 millions de dollars. Seulement, la différence entre ce que Wisco et Mainland ont payé chacun est assez importante pour qu’elle ne suscite des suspicions de corruption et/ou autre collusion entre intérêts publics et privés.

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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