Exportation de crabes : dépasser à terme les langoustes

Publié le par Alain GYRE

Exportation de crabes : dépasser à terme les langoustes       

Vendredi, 23 Août 2013

4 000 Ar/kg au pêcheur. C’est le prix proposé par les Chinois, contre 500 Ar il y a 5 ans de cela. Sinon, le kilo se vend actuellement entre 1 500 et 1 800 Ar selon la distance des points de collecte par rapport au marché. Depuis la chute de la production de crevettes en 2005-2006, les crabes font l’objet d’un regain d’intérêt de la part du secteur pêche. A cet effet, une rencontre professionnelle de la pêche dans la région du Menabe sera organisée sur la filière des crabes du 28 au 30 août prochain à Morondava. Les tenants et aboutissants de cette rencontre ont été présentés hier au centre de presse d’Antskaviro. Selon l’expert de la FAO, Zbigniew Kasprzyk, l’exportation de crabes dépassera à terme celle des langoustes et trépangs. A l’heure actuelle, 75% des captures sont exportées et 20% écoulées sur le marché local. La proportion pour l’export augmentera d’autant que le marché s’ouvre sur l’Asie. Le prix y est plus cher qu’en Europe. Le directeur de la pêche, Tantely Razafindrajery précise : « Les crabes vivantes sont vendues 3 fois plus chers en Chine qu’en Europe. Les Chinois n’achètent que les produits de plus de 200 g l’unité et donc mesurant dans les 15 cm. Conscients des exigences des clients, les collecteurs ne prennent que des crabes de 12 cm même si les textes autorisent les prises à partir de 10 cm ».

Le directeur de la pêche souligne que la rencontre de Morondava permettra, entre autres, de discuter de la révision des textes suivant les attentes des acteurs du secteur. Il remarque d’ailleurs que la littérature internationale sur les crabes avance que ces animaux des mangroves commencent seulement à pondre quand ils atteignent la taille de 11 cm. Rémi Ratsimbazafy, leader écorégional marin de WWF affirme, de son côté, que cette rencontre offrira un espace pour discuter des voies et moyens pour améliorer la production sans pour autant passer par son augmentation. Cette rencontre sera aussi l’occasion de voir comment valoriser les crabes, améliorer la gestion de la filière… Organisée par le ministère et soutenue par WWF, la FAO et le programme SmartFish de la Commission de l’océan Indien (COI) financé par l’Union européenne, elle vient à point nommé après la clôture de ce programme. Elle marquera le point de départ pour WWF de relayer les actions du programme et d’en pérenniser les résultats dont notamment ceux pour la filière crabes. WWF est déjà présent dans la région et soutient les communautés de base dans la préservation de l’environnement couplée avec les activités économiques.

A ce sujet, les crabes rapportent aux pêcheurs professionnels. Leur chiffre d’affaires varie entre 150 000 et 300 000 Ar par mois. Mais le directeur de la pêche est formel : « Un pêcheur de crabes vit mieux qu’un directeur étant donné le contexte socioéconomique de la région. Son pouvoir d’achat est nettement supérieur ».

En effet, on achète un poulet à plus de 8 000 Ar à Tanà, alors que le même produit est à 2 500 Ar dans les villages des pêcheurs. Ces derniers gagnent plus s’ils arrivent à réduire le taux de mortalité des crabes. De la pêche jusqu’au marché, ce taux est de 20% alors que les crabes mortes sont toxiques et impropres à la consommation. En temps de grosses pluies, le taux de mortalité dépasse les 50%. L’amélioration des conditions de transport et de stockage des crabes dans le cadre du programme SmartFish réduit ce taux. Elle se fait avec les moyens du bord. Des nouvelles techniques éprouvées en Asie, adaptées au contexte local et également avec des matériaux locaux permettent également d’améliorer ces conditions. Madagascar a un potentiel de 7 500 à 8 000 t/an pour les crabes mais la production annuelle tourne entre 2 700 et 3 500 t.

Fanjanarivo

La Gazette

 

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