EXPORTATION : Grosse incertitude pour la filière vanille

Publié le par Alain GYRE

EXPORTATION : Grosse incertitude pour la filière vanille

 

Madagascar produit une quantité importante de vanille

 

Le kilo de la vanille préparée stagne autour de 70 000 ariary à l'heure actuelle dans la région Sava. Ce prix risque même de chuter fortement l'année prochaine.

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Une nouvelle crise menace-t-elle la filière vanille Une baisse de la demande mondiale affecte gravement, à l'heure actuelle le prix de la vanille préparée. Le kilo stagne autour de 70 000 ariary contre 120 000 ariary l'année dernière. Selon les explications, les pays acheteurs internationaux ne se pressent pas d’acquérir la vanille malgache. L'offre est donc largement supérieure à la demande, même si la quantité de vanille exportable est estimée à 30% moins importante que l'année dernière. Elle devrait avoisiner les 900 à 1000 tonnes contre 1300 tonnes en 2012.

« Il y a une stagnation des prix, voire une baisse importante à craindre dans les semaines et les mois à venir », analyse un technicien proche du secteur.

Ce scénario a été plutôt attendue compte tenu du contexte mondial et de l'embellie constatée l'année dernière. D'abord parce que Madagascar avec l'Ouganda sont à l'heure actuelle les principaux, sinon les seuls pays producteurs qui satisfont la demande mondiale. Les professionnels du secteur estiment également que le niveau du stock mondial issu des précédentes campagnes, appelé aussi report de stock, avait atteint le niveau zéro, voire négatif en 2012.

Choix stratégique

« Le cours de la vanille est basé sur la loi de l'offre et de la demande et dans ces conditions, une flambée du prix a été attendue cette année », affirme un autre opérateur.

Normalement, la période de la campagne de vanille préparée aurait dû commencer au mois de septembre pour finir au mois d'avril. En temps normal, le prix devrait donc atteindre son sommet au mois d'octobre, lorsque les exportateurs se battent pour s'arracher les meilleures de la production. Pourquoi les acheteurs ne se bousculent-ils donc pas Deux explications majeures sont avancées par les professionnels. Il y a d'abord le problème de qualité, notamment au niveau du processus de séchage et de conditionnement. Des analyses faites sur les produits malgaches ont été flagrantes sur l'existence d'un champion nocif sur les gousses.

Mais il y a surtout un phénomène inattendu qui a complètement changé la donne. Les vanilliers sont en période de floraison en ce moment et la situation laisse prévoir une excellente production pour l'année 2014. Les prévisions parlent même d'un doublement de la production par rapport à l'année dernière, c'est-à-dire une quantité exportable de plus de 2000 tonnes.

« Les acheteurs analysent également la situation et leur choix de ne pas procéder à des achats à l'heure actuelle est certainement stratégique. Ils préfèrent gérer leur stock et attendre l'excellente production qui se profile l'année prochaine pour acheter, afin d'éviter d'acheter trop cher », révèle notre interlocuteur.

Ce revirement de situation a pris au dépourvu les collecteurs qui ont acheté la vanille verte à prix d'or chez les producteurs et qui se retrouvent avec des stocks qu'ils ont du mal à écouler aujourd'hui. Selon notre information, le kilo de la vanille verte avait atteint 22 000 ariary cette année, un niveau qui n'a plus été atteint depuis l'année 2005, lorsque la filière vanille avait traversé une crise.

 

 

 

Mahefa Rakotomalala

 

Mercredi 09 octobre 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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