Fabrication artisanale de briques : Une grave menace pour l’environnement

Publié le par Alain GYRE

Fabrication artisanale de briques : Une grave menace pour l’environnement

30/09/2013

1-brique-anastase.jpg

Les rizières devenues des champs de briques. (Photo Anastase)

 

D’une manière générale, l’on est en droit de constater sur les Hautes Terres, que la fabrication artisanale de briques a le vent en poupe. Ceci se remarque par l’émergence des chantiers de briques qui surplombent les rizières.

 

C’est une activité prospère qui justifie que l’offre est toujours en dessous de la demande. Si l’on se réfère à ces bâtiments et infrastructures de toutes sortes  qui poussent comme des champignons, tant dans les villes que les campagnes. A cela s’ajoute les différents projets/programmes qui financent des infrastructures socio-économiques nonobstant la crise qui perdure.

 

A Ambositra et ses environs, les activités de fabrication des briques dans les rizières, débutent au mois de mai, sitôt après la saison des pluies et ne prennent fin qu’à partir du mois d’octobre avant l’arrivée des nouvelles pluies. Bien qu’il n’existe pas de véritables statistiques sur la production annuelle de briques à Ambositra, l’on estime cette production à plusieurs dizaines de milliers de briques par an. Ce qui représente une importante source d’activités génératrices de revenus directes ou indirectes pour les populations riveraines, à défaut d’emploi.

 

Moins d’un dollar. Pour cette campagne 2013, le coût de la fabrication d’une brique en argile se situe entre 10 à 12 ar.  Journalièrement, une équipe composée de deux personnes arrive à produire 1 000 briques. Ce qui leur reviennent  à 2 400 ar, soit moins d’un dollar par personne par jour. Le  coût de transport de ces briques des rizières au lieu de cuisson, souvent sur les bords de la route, varie entre 5 ar à 10 ar, selon les distances à parcourir. Des travaux qui sont généralement réservés aux femmes et aux enfants mineurs. Un adulte arrive en moyenne à transporter 20 à 22 briques sur la tête pour un total de 1 000 briques par jour. L’argent ainsi gagné a consacré à l’achat la nourriture et à faire face à la nouvelle rentrée scolaire ainsi qu’aux différentes activités des travaux des champs en ce début de campagne. La brique cuite est cédée entre 60 à 70 ariary, soit une hausse  variant entre 12 à 15%  annuellement.

 

Environnement. A noter que dans la région d’Amoron’i Mania, moins de 35% des paysans producteurs s’adonnent à la culture de contre-saison. Ces paysans producteurs ont un penchant pour la fabrication des briques, et les rizières  sont mises  en location, moyennant deux à trois ar par brique prélevée. Si les activités de fabrication de briques constituent certes une importante source de revenus pour les habitants locaux, paradoxalement, elles présentent de graves menaces pour l’environnement et  les forêts avec les abattages des arbres qui servent à la cuisson. Hormis les feux de brousse, chaque année des centaines de mètres cubes de bois sont extraites de ces forêts, sans qu’un plan de reboisement ne soit exigé. Ceci s’explique en partie par le fait que ce sont des forêts appartenant à des particuliers. A l’allure ou évoluent les choses, les fourneaux à briques risquent de ne plus faire long feu.

 

Anastase

Midi Madagasikara

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article