Féculerie de Marovitsika: Une entreprise à l’agonie

Publié le par Alain GYRE

Féculerie de Marovitsika: Une entreprise à l’agonie       

Jeudi, 24 Avril 2014

La féculerie de Marovitsika, sise à quelques kilomètres de Moramanga, est la dernière industrie de féculerie présente en Afrique et la dernière des 8 industries de fécule qui ont jadis existé à Madagascar.

Hier, lors d’une conférence de presse tenue à la Rotonde Besarety, les membres de la féculerie de Marovitsika ont tiré la sonnette d’alarme sur l’avenir incertaine de cette entreprise qui fait vivre une centaine de personnes. En effet, outre ses activités de fabrication de fécule de manioc, cette entreprise assure la gestion d’un millier d’hectares de forêt. Depuis 1945, la féculerie de Marovitsika s’est employée à faire des reboisements sur ses terrains mais aussi, pour protéger la forêt naturelle qui s’y trouve en appliquant à la lettre la gestion durable du capital forestier. Pourtant, de ces milliers d’hectares de forêts qu’ils ont entretenues des années durant, il ne reste plus que quelques parcelles à cause des exploitations illicites. Un réseau de braconniers opère en ces lieux, entraînant la détérioration de la forêt pour en faire du charbon de bois. « Ce réseau est tellement bien organisé qu’on peine à trouver le moyen efficace pour l’empêcher de nuire », nous explique le directeur général de l’entreprise, David Alexandre. La concession de cette entreprise étant très vaste, elle n’a pas les moyens d’employer des gardiens pour couvrir toute la forêt. Selon le responsable, le débit des charbons illicites qui sortent de la propriété s’élève à 300 sacs par jour. Ce qui représente une grande perte pour l’entreprise qui fabrique aussi du charbon de bois. « A la différence des braconniers, nous utilisons une méthode de gestion du capital forestier très efficace » a éclairci le directeur.

 

Une entreprise à l’agonie donc, car malgré les initiatives prises pour diversifier ses activités, la féculerie de Marovitsika se retrouve pénalisée par les œuvres des businessmen sans scrupule. C’est le problème majeur qu’on retrouve partout à Madagascar, le secteur informel a tendance à nuire aux activités de ceux qui sont dans le formel. La corruption et le favoritisme en tout genre aggravent la situation. Pourtant, il est bien connu qu’un pays comme Madagascar n’évoluera pas tant qu’il n’y aura pas une grande révolution industrielle. Une révolution qui n’aura jamais lieu si les entreprises déjà existantes disparaissent les unes après les autres.

 

Y.L

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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