Fibres naturelles: Portées par le développement durable

Publié le par Alain GYRE

Fibres naturelles: Portées par le développement durable       

Lundi, 02 Septembre 2013

Le concept de développement durable gagne du terrain, notamment sur le marché mondial.

 

C’est dans ce sens que les fibres naturelles font l’objet d’un regain d’intérêt croissant dans l’industrie du textile. Missouri botanical garden (MBG) rappelle que depuis la nuit des temps, le vêtement est l’un des meilleurs indicateurs de l’état d’esprit d’un homme, d’une société. Uniforme révolutionnaire ou militaire, tenue traditionnelle d’une caste ou tendance, l’habit s’est développé au cours des siècles. Cependant, les matières premières restent inchangées. MBG cite les fibres d’origine végétale, animale ou synthétique. Les espèces végétales utilisées dans l’habillement datent depuis des temps immémoriaux. Si les techniques de fabrication des textiles ont beaucoup progressé, leurs fonctions n'ont guère évolué. Elles ont la caractéristique d’emprisonner l'air dans le tissu, ce qui leur donne d’importantes propriétés d'isolation thermique, protégeant ainsi du froid comme du chaud. Issues de la graine (le coton), des fruits (le kapok), la tige (le chanvre et le lin, le jute), la feuille (le sisal) ou l'écorce (la bourre de coco), seules quelques espèces sont utilisées dans l’habillement.

 

Pour le lin (Linum usitatissimum), on confectionnait avec des bandelettes dont on entourait les momies des pharaons. Il est ainsi considéré comme l'une des plus anciennes plantes textiles, et était sans doute cultivé il y a 5 000 ans en Asie mineure, d'où elle semble tirer son origine. Puis vient le chanvre (Cannabis sativa). Probablement aussi ancien que le lin. Il était déjà employé en Babylonie et en Égypte. Dans l’empire romain, il était utilisé pour l'habillement, la confection des voiles des navires ou des cordages. Contrairement à la sous-espèce C. sativa indica, communément appelée marijuana ou chanvre indien, il ne contient pas de substances psychotropes. Souvent confondues par leurs feuilles qui sont similaires, sa culture est limitée, voire interdite dans certains pays. Le coton, (Gossipium herbaceum) plus récente, provient des poils blancs qui recouvrent la graine. Ces poils contiennent de la cellulose à l'état presque pur. Des fragments de ce tissu datant de 5 000 ans avant J.-C. ont été retrouvés au Mexique et au Pakistan. La fabrication de tissus de coton se répandit en Perse et en Égypte, puis en Europe, sous le règne de l'empereur Justinien (550 apr. J.-C.). Elle reste la fibre la plus demandée malgré sa culture très polluante. Les plus grands producteurs sont les États-Unis, l'Inde et l'Égypte. Son essor s’est amplifié avec l’apparition du « jean ».

 

Le raphia (Raphia regalis), palmier originaire de Madagascar, est utilisé comme cordage, dans la confection de sacs et tissus d’ameublement. Il est également exporté en Europe et utilisé dans la viticulture. A Madagascar, les fibres de ses feuilles et folioles servent à confectionner le jabo-landy ou la rabane. Viennent ensuite les orties non urticantes. Autrefois utilisée pour fabriquer des cordages, des fils et même des vêtements, l'ortie offre une alternative intéressante au coton. Aux Pays Bas, Netl propose même des « jeans » écologiques à base d’ortie. Quant au textile en bambou, il est soyeux et infroissable grâce à la viscose obtenue par la transformation chimique de la cellulose. Le procédé est polluant car nécessite l'emploi de produits chimiques dangereux pour l'environnement et la santé. Or, les tissus sont en contact direct avec la peau. Le jute Corchorus capsularis et C. olitorius., a été utilisé à l’origine comme substituant au lin et au chanvre, pendant la révolution industrielle dans la fabrication de toiles à sacs. Le kénaf (Hibiscus cannabinus), fibre apparentée du jute, sert à fabriquer des toiles grossières, des cordes et des ficelles. Au fil du temps, ces matières utilisées pour la fabrication d’un vêtement tendent à se diversifier.

La Gazette

 

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