Filière bois énergie : l’expérience d’Antsiranana est à dupliquer

Publié le par Alain GYRE

Filière bois énergie : l’expérience d’Antsiranana est à dupliquer

     

 

Vendredi, 05 Avril 2013

« Le reboisement, source d’énergie renouvelable pour Madagascar ».

C’est le titre du nouvel ouvrage édité par la coopération allemande (GIZ). L’ouvrage se veut un outil d’information sur les expériences du Programme germano-malgache pour l’environnement (PGME-GIZ) dans la région Diana. En effet, quand on évoque les 6 700 ha de reboisement de 2 600 villageois depuis 1996, rares sont ceux qui saisissent la portée d’une telle information. Ici, on parle de filière légale à plusieurs maillons, soit le reboisement, la transformation en charbon de bois des ressources issues du reboisement, la commercialisation du charbon et la consommation par le biais de foyers améliorés. Tout concourt donc à une lutte contre la pauvreté étant donné le revenu que les différents acteurs perçoivent selon le maillon où ils se positionnent. Un charbonnier affirme vendre entre 400 à 500 sacs de « charbon vert » par mois, c'est-à-dire du charbon issu des reboisements. A Antsiranana, le sac de 12 kg est entre 2 000 et 3 000 Ar. Comme quoi, le revenu tiré de la filière est conséquent.

Mais tout est aussi question de protection de l’environnement. Au milieu des années 90, les sources d’eau d’Antsiranana II ont commencé à se tarir à cause de la déforestation. Elles ont repris de la vigueur en 2000-2002 grâce au reboisement dans le cadre du PGME-GIZ. Le reboisement aide également à la préservation des différents écosystèmes forestiers (forêts primaires denses, mangroves, forêts ripicoles en bordure des rivières). Il n’était pas aisé d’initier ce projet en 1996 car les résultats n’étaient pas immédiatement tangibles. A l’époque, certains ont avancé que l’on ne pouvait pas manger les arbres. Mais le programme a persévéré. Actuellement, des paysans ont jusqu’à 20 ha de reboisement dont la production est commercialisée auprès des charbonniers. La filière bois énergie développée par le programme contribue aussi à la lutte contre la déforestation. Notons que si aucune mesure significative n’est prise pour faire baisser les pressions sur les forêts, des spécialistes avancent que la couverture forestière de Madagascar disparaîtra dans 30 ans.

Afin d’éviter un tel scénario, les expériences du PGME-GIZ est l’une des solutions pour les zones similaires à celles d’Antsiranana II qui vont jusqu’à Ambilobe. Comme quoi, l’ouvrage cité plus haut se veut aussi un outil de partage d’expériences et de sensibilisation sur les démarches à adopter dans la filière bois énergie destinée à la cuisson. Ces expériences montrent qu’il est tout à fait possible de répondre légalement aux besoins du marché tout en contribuant à la lutte contre la pauvreté et contre la dégradation de l’environnement. Dans la plupart des cas, le charbon de bois est issu d’exploitations illégales et irrationnelles de forêts. Rien que pour satisfaire les besoins des ménages de la région Diana pourtant, il faut 30 000 t de charbon par an dont 12 000 t pour Antsiranana-ville. Les ménages ruraux commencent aussi à opter pour le charbon de bois. Pour endiguer les exploitations illégales et irrationnelles, la GIZ appuie les communautés villageoises dans la planification et la mise en œuvre des mesures de gestion des ressources naturelles, en particulier la réalisation de reboisements villageois individuels. Cela signifie que le paysan, qui s’engage volontairement, est propriétaire de la parcelle qu’il travaille. La GIZ appuie aussi les autres maillons de la filière.

Recueillis par Fanjanarivo

L’Express

Publié dans Revue de presse

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