Filière bois : Il n’y a pas que les bois de rose !

Publié le par Alain GYRE

Filière bois : Il n’y a pas que les bois de rose !                   

Mercredi, 19 Février 2014

 

Si le bois de rose et autres bois précieux comme le bois d’ébène défraient la chronique depuis des années déjà, le pays devrait toutefois sauter sur les autres opportunités offertes par le marché mondial du bois.

 

La nouvelle vision construite par les différents acteurs de la filière devrait l’aider dans ce sens. Il s’agit de se défaire de la culture comme quoi, la forêt est un bien public. Outre les services écologiques et sociaux qu’il rend, ce patrimoine naturel est aussi et surtout un bien économique qui reste à valoriser. Selon les calculs de l’Alliance voahary gasy (AVG), la plateforme d’organisations de société civile oeuvrant pour l’environnement, la valorisation économique et durable des 6 millions d’ha non encore détruits, devrait permettre d’enregistrer un chiffre d’affaires de 100 millions US$ par an. Il faut y ajouter la hausse de la couverture forestière car dit exploitation durable dit reboisement. Ces calculs de l’AVG pourraient se situer dans une fourchette basse quand on sait que depuis l’année dernière, les analystes du marché mondial tablent sur un « super-cycle » du bois. Cette fois-ci, il ne s’agit pas des fameux bois de rose, mais de bois de construction dont notamment le pin. Rien que pour 2014, les analystes estiment que le bois pourrait se négocier à prix d’or d’ici la fin de l’année.

 

La raison en est que les forêts canadiennes sont infectées progressivement mais sûrement par un parasite difficile à maîtriser depuis la fin des années 90. La production canadienne continue donc de dégringoler alors qu’elle est le 2ème producteur mondial de grumes de résineux avec 107 millions de m3 sur un marché de 600 millions de m3 en 2011. Quant au parasite évoqué plus haut, il risque aussi d’affecter les forêts américaines. La Chine, qui est pourtant l’acteur central sur le marché des matières premières, voit sa consommation de bois augmenter, alors que la Russie, son 1er fournisseur est en difficulté face à la hausse des coûts de production. 30% de la production canadienne sont maintenant absorbées par la Chine, la Corée du sud et le Japon, contre 5 à 8% auparavant. Malgré une économie quelque peu au ralenti, la Chine voit sa consommation de bois augmenter de 67%, rien que sur les 9 premiers mois de 2013. A ce rythme, les analystes s’attendent à un super-cycle du bois de construction d’ici 2016, voire 2015. Un fléchissement des prix pourrait survenir d’ici là mais il ne devrait s’observer que sur le court terme.

 

Ces perspectives sont plutôt alléchantes même si on sait que Madagascar est loin de s’aligner avec les grands producteurs de bois comme le Canada, les Etats-Unis ou encore la Russie. Seulement, il dispose encore de 6 millions d’ha de forêts et de vastes espaces pour le reboisement. Si la forêt est valorisée comme il faut, elle devrait constituer une filière rentable. Pour le moment, la filière contribue à peine à la création de richesses. Sa part dans le PIB est plus que ridicule, soit 0,1%. La filière est envahie par les trafics illicites et évolue avec une politique qui a un sérieux besoin de lifting.

 

Fanjanarivo

La <gazette

Publié dans Revue de presse

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