Filière cacao: La Grande Ile dispose d'un cru reconnu parmi les cinq plus grands au monde

Publié le par Alain GYRE

Filière cacao: La Grande Île dispose d’un cru reconnu parmi les cinq plus grands au monde

     

 

Samedi, 15 Septembre 2012

La progression des cours du cacao au 1er trimestre 2012 a fait « long feu ». Plus, d’après les informations publiées par Produitsdoc de l’AFD, il est mentionné qu’au 2e trimestre, le cours moyen mensuel s’est replié pour afficher 2 267 USD la tonne au mois d’avril, 2 314 USD en mai et 2 264 USD en juin. L’évolution du marché est donc comparable à celle de l’année précédente.

Malgré la fin du conflit ivoirien, la filière peine à retrouver une certaine sérénité. Les experts attribuent cette situation aux incertitudes économiques qui prédominent dans le reste du monde à l’exception de la Chine. Toutefois, la réforme engagée à l’automne dernier en Côte d’Ivoire devrait, en principe, garantir la stabilité des prix payés aux producteurs.

La baisse de 7 % de la production annoncée par l’International Cocoa Organization (ICCO), en 2012 pour cause de sécheresse, ne semble pas devoir se confirmer. Au contraire, la production mondiale, pour la campagne 2012/2013, pourrait enregistrer une augmentation d’environ 3,3 % par rapport à la campagne précédente, soit 4 144 millions de tonnes contre 4 013 millions de tonnes en 2011/2012.

Estimée à 4 185 millions de tonnes pour la campagne 2012/2013, la demande mondiale de cacao dépasserait donc de 3,5 % celle de 2011/2012 (4 045 millions de tonnes).

Dans ce contexte, et dans un dossier publié dans la dernière livraison de Cta/Spore, et rédigé avec la collaboration de Mamy Andriatiana, journaliste, gérant de l’agence de communication rurale Mediascope (Madagascar) et Jean- Thibaut Ngoyi, reporter au journal Tam-Tam, d’Afrique, Fredy Rajaonera qui est directeur général adjoint de la chocolaterie Robert, et qui est également vice-président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM) et coordonnateur général du groupe Ramanandraibe Exportation, donne son point de vue.

Ainsi, il avance que : « Si la production malgache est relativement faible en quantité (5 000 tonnes de cacao par an, contre 1,5 million de tonnes en Côte d’Ivoire, par exemple), la qualité est irréprochable. Les fèves de cacao biologique que nous produisons sont fines, fruitées et aromatisées, des qualités très recherchées. La Grande Île dispose d’un cru de cacao fin au nord-est (Sambirano) sur une étendue de 15 000 hectares, reconnu parmi les cinq plus grands crus au monde. Nous avons valorisé ce potentiel en visant les marchés de niche aux États- Unis, en France, Grande-Bretagne, Italie et dans les îles voisines. Chaque année, la chocolaterie Robert exporte 3 500 tonnes de fèves de cacao et 40 tonnes de chocolat. »

Et lui de décrire que plusieurs sortes de cacao sont produites : « Criollo, trinitario et forastero sont les trois sortes de cacao que nous utilisons. Nous exportons 40 tonnes de chocolat chaque année sous différentes formes : poudre de cacao, tablettes de chocolat, coupe-faim, bûche de Noël, etc. La firme a décroché la Silver Cup de l’Académie du chocolat en France et un chocolat fabriqué par le chocolatier français Cluizel à partir de notre production a obtenu la plus haute distinction au Salon international du chocolat de Paris en 2004. »

Quant au secret de la longévité de la société, il a souligné que : « Avoir le bon cru ne suffit pas, il faut aussi une bonne maturité des cabosses, une excellente fermentation mais également un dispositif de transformation moderne. À chaque étape, nous procédons à une analyse microbiologique et chimique des marchandises. Nos producteurs sont parmi les mieux lotis et sont surtout fidélisés. La chocolaterie achète directement auprès des planteurs ou à travers les collecteurs. Quels que soient les aléas de la production, elle assure aux paysans un minimum de commande et une prime à chaque campagne. Les planteurs disposent également de dispensaires de santé. Nous offrons régulièrement des formations et un encadrement sur le terrain. Nos deux ingénieurs hautement qualifiés collaborent avec les techniciens agricoles du ministère de l’Agriculture et nous faisons venir régulièrement au pays le meilleur ouvrier de France.

Questionné sur l’avenir du chocolat malgache, il a répondu que : « Pour anticiper sur le vieillissement des plants de cacao, 1 500 hectares de nouvelles plantations sont prévus. Nous commençons aussi à nous diversifier, avec des fruits secs alliés au chocolat, de la confiserie, de la pâtisserie mais aussi l’exportation de beurre de cacao utilisé dans l’industrie cosmétique (fabrication de crèmes hydratantes). »

Recueillis par C.A

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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