Filière cacao : un peu sous estimée

Publié le par Alain GYRE

Filière cacao : un peu sous estimée       

Mercredi, 27 Novembre 2013

Comme les épices, le litchi et le café, le cacao constitue une culture de rente essentielle pour l’économie de Madagascar. La production nationale annuelle est estimée entre 5.000 et 6.000 tonnes. 95 % de la production proviennent de la région Diana et plus particulièrement à Ambanja où sont situés les meilleurs producteurs. La grande majorité de cette production est exportée pour être transformée dans le monde entier. Toutefois, le cacao est sous valorisé par rapport aux autres filières porteuses. Traditionnellement, la fermentation du cacao est réalisée par les collecteurs/exportateurs qui souhaitent maîtriser la qualité export. Les producteurs livrent donc les fèves de cacao fraîchement décabossées. Cette valeur ajoutée échappe donc aux producteurs par manque de formation et d’investissement dans des infrastructures simples telles que les caisses de fermentations collectives.

La  filière cacao présente un certain nombre de faiblesses. Depuis des années, les différents acteurs qui travaillent dans le domaine penseraient à la mise en place d'un cadre réglementaire comprenant notamment  l'instauration de cartes de producteurs et de collecteurs (prélèvements/ristournes), la mise en place de marchés physiques, la mise en place d'un contrôle qualité des fèves. Des mises en place qui dépendent de la pérennité de la réputation d'excellence du cacao de Madagascar. Les producteurs deviennent de simples fournisseurs de matière première tributaire du prix très souvent à leur désavantage. Comme dans presque tous les secteurs agricoles tels que le litchi, le café, les épices, la filière cacao est détenue par une poignée de collecteurs/exportateurs qui imposent leurs règles. Sous la pression, il est alors difficile pour une coopérative de s’imposer dans la filière comme acteur économique indépendant.

 

Mais une autre difficulté et non des moindres, provient de la disparition de la production sur les plants suite à des pillages nocturnes qui se produisent aux moments où la demande est forte. Les producteurs n’ont presque jamais accès aux crédits même pour de petites sommes auprès des banques locales. Le cacao de Madagascar fait partie de la catégorie des cacaos fins grâce à son terroir et à ses variétés anciennes. Notons que les premiers cacaoyers ont été introduits à Madagascar vers les années 1900.

 

NIR

La Gazette

 

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