Filière coco: De l’artisanat à toute une série de filières

Publié le par Alain GYRE

Filière coco: De l’artisanat à toute une série de filières

     

 

Samedi, 09 Mars 2013

Des sacs en fibre de coco, des porte-monnaie en coque de coco, du miel et de l’huile de coco, des planches et pots de fleur en tronc de vieux coco…

La liste est longue pour citer les différents produits dérivés du coco. A la Soavoanio à Sambava, l’unique plantation industrielle de cocotiers dans le pays, le PDG, Claude Andreas explique que rien ne se perd dans le coco : « Le tourteau issu de la fabrication d’huile de coco est utilisé pour l’alimentation animale, alors que nous utilisons les coques de coco pour les fours à coprah. Quant aux fibres, elles sont utilisées comme engrais complémentaire pour la cocoteraie. Il ne faut pas non plus oublier que l’eau de coco a à peu près la même structure que le plasma sanguin et est utilisé comme sérum physiologique. Elle est aussi très recommandée pour la réhydratation en cas de choléra. C’est également un excellent coupe-faim. Voilà pourquoi des stars internationales de la chanson et du cinéma vantent l’eau de coco. L’huile vierge de coco est également utilisée pour les soins de l’Alzheimer ». Bref, tout est bon dans le coco. Pour les fours à coprah, la Soavoanio utilise les coques séchées dont le pouvoir calorifique est nettement plus élevé que celui du bois.

La reprise de la production de coprah après la quasi-faillite de cette société a remis sur les rails des unités d’huilerie artisanale dans la SAVA. Le coprah est de qualité avec un taux d’humidité en dessous de 7°C et la Soavoanio respecte cette norme. Comme quoi, la filière crée des emplois et de la valeur ajoutée dans plusieurs secteurs de l’artisanat. Outre les produits en fibre et en coque de coco en effet, l’huilerie artisanale s’intègre aussi dans le secteur de l’artisanat. Quant à la Soavoanio, elle confie la fabrication d’objets artisanaux à base de fibre et de coque de coco à des employés près de partir à la retraite. Elle produit également de l’huile de coco avec du coprah. 1 tonne de coprah donne 520 à 540 kg d’huile de coco à raison de 4 000 Ar/litre. Ce produit peut être utilisé pour la cuisson et dans l’industrie agroalimentaire. Il sert, en effet, à fabriquer de la margarine. Pour ce qui est du coprah, il est utilisé dans la savonnerie grâce au pouvoir très moussant donné par un acide contenu dans l’amende de coco. Comme quoi, tout est bon dans le coco. Seulement, la plantation exige 4 épandages d’engrais par an. C’est l’idéal mais pour l’heure, la Soavoanio doit se contenter de 2.

Cette société plante trois sortes de cocotiers : l’hybride avec une production de 100 noix par an en vitesse de croisière et un taux d’huile supérieur à 50%, le nain avec 120 noix par an et un taux d’huile à 40% et le cocotier grand avec une cinquantaine de noix par an pour 60% d’huile. Seulement, ce dernier met 7 à 10 ans pour la 1ère fructification, contre 4 ans pour l’hybride et 3 ans pour le nain. Le renouvellement de la plantation est essentiel pour disposer d’une production continue et en augmentation. Mais à cause de la politisation de la Soavoanio dans les années 2000, ce processus n’a pas été respecté et c’est l’une des raisons pour lesquelles cette société à participation de l’Etat a vu chuter dramatiquement sa production. Elle s’est reprise en main en 2011 et a été ensuite soutenue par le Trésor public. Le résultat est positif avec un relèvement de la production et des bénéfices de 75 millions Ar en 2011 et plus de 100 millions Ar en 2012.

Fanjanarivo

La Gazette

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