Filière coton: le géant japonais Nitori à Madagascar

Publié le par Alain GYRE

Filière coton: Le géant japonais Nitori à Madagascar

     

 

Mercredi, 17 Octobre 2012

20 000 tonnes de coton brut à exporter vers fin octobre. C’est le premier tonnage que la société japonaise Nitori exportera depuis son implantation à Madagascar. Selon l’Economic of development board of Madagascar (EDBM), Nitori est en Asie et surtout au Japon ce qu’est Ikea, un leader de la décoration et du mobilier, en Europe. Cette société est la plus grande chaîne de meubles et du mobilier maison au Japon. Cette année, elle affiche un chiffre d’affaires annuel en augmentation de plus de 17% de plus de 3 milliards de dollars par an. Son fondanteur, Akio Nitori est dans le top 40 des Japonais les plus riches selon le classement du magazine américain Forbes. Comme quoi, Madagascar continue à attirer des grands investisseurs internationaux malgré la persistance de la crise politique. Rappelons que l’intérêt de Nitori résulte en quelque sorte de trois années d’études sur la zone franche textile de Madagascar dont les résultats ont été présentés récemment à Antananarivo. Ces études ont été menées conjointement par l’Institute of developing countries de Tokyo et l’Observatoire pour le développement national des ressources humaines du niveau de l’enseignement supérieur (ODRES) du département économie de l’université d’Antananarivo.

A part Nitori, la filière coton intéresse aussi les Chinois. Chimad coton a repris les unités de Géocoton (ex-Hasyma) à Port-Bergé et à Toliara. Quant à Nitori, elle est présente à Port-Bergé et à Ambilobe. Ces zones ont un fort potentiel en coton. La société japonaise envisage de transformer le coton sur place. Mais apparemment, la production de ces sociétés asiatiques n’est pas destinée à l’industrie locale du textile-habillement. Le développement vertical de la filière incluant toutes les chaînes de chaque secteur ne sera donc pas au rendez-vous. Pour l’heure, Madagascar n’est pas près de recouvrer ses droits de bénéficier de l’AGOA, mais il faut rappeler que cette loi américaine a comme visée finale ce développement vertical. En attendant, l’AGOA permet encore aux pays éligibles l’importation de tissus et intrants en provenance de pays tiers. Mais si les USA étendent les mêmes avantages que l’AGOA à d’autres pays producteurs de tissus, l’avantage d’importer des matières premières de pays tiers sera réduit à néant pour des pays comme Madagascar où le développement vertical de la filière coton n’existe pas.

La Gazette

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