Filière crocodile- Levée de la suspension de commerce par la Cites

Publié le par Alain GYRE

Filière crocodile- Levée de la suspension de commerce par la Cites

La peau de crocodile et les produits dérivés pourront bientôt être de nouveau commercialisés sur le plan international

 

17.07.2014

 

Après un moratoire depuis 2010, les intervenants de la filière crocodile pourront dorénavant développer leurs activités. La CITES a reconnu les efforts déployés pour améliorer la gestion.

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Reprise progressive. La levée de l’embargo sur les peaux et produits dérivés de la peau de crocodile a été recommandée par le comité permanent de la CITES lors de la 65ème session, qui s’est tenue du 7 au 11 juillet à Genève. Cette entité a en effet félicité les efforts déployés par la partie malgache dans la mise en œuvre des recommandations avancées durant la période moratoire. La mesure sera effective dans moins d’un mois après la publication du décret national traduit en malgache, numéroté et signé, portant sur l’organisation et la gestion de la filière.

« Avec le financement accordé par la Cites en 2013, nous avons mis en œuvre les recommandations. Des rapports sur les réalisations ont été effectués entre temps et lors de la dernière réunion il y a quelques jours à Genève, la décision sur la levée de l’embargo a été prise, mais il reste un détail à respecter. C’est une organisation interne qui sera en place très bientôt », explique Sahondra Rabesihanaka, responsable focal de la Cites à Madagascar. Lors de la réunion de la Cites, le décret et le texte d’application ont été en effet adoptés par le gouvernement, mais ces dernières étapes n’ont pas encore été réalisées.

Evaluation et quota

Une fois le décret publié et entré en vigueur, les exportations seront ouvertes pour les produits artisanaux fabriqués avec la peau du reptile. Cependant, le nombre est limité à quatre pour les  particuliers. Un nouveau quota sera proposé pour les produits artisanaux issus des peaux prélevées dans la nature en 2015.

Pour les peaux issues des fermes d’élevage, l’évaluation des stocks va commencer cette année, un quota sera également proposé après les inventaires. Quant aux produits finis et peaux sortant des ranches, le responsable focal de la Cites a souligné que pour des questions de logique, les exportations ne seront autorisées qu’en 2016.

« Durant la période de moratoire, il n’y a pas eu de collecte d’œufs, donc il n’y aura pas d’exploitation possible cette année, ni en 2015 », avance notre interlocutrice Sahondra Rabesihanaka. Sur la décision de la partie malgache, les exportations de peaux prélevées dans la nature seront interdites, zéro quota pour une période indéterminée pour ce produit, afin d’éviter les mauvaises concurrences qui ont entraîné la mauvaise gestion, et donc le moratoire.

La mesure a été en tout cas saluée par les artisans. « Après toutes ces années de moratoire, l’arrivée d’une telle mesure ne peut que nous faire du bien. Désormais, nous pouvons vendre nos produits aux touristes, surtout pour cette haute saison touristique », déclare Andry Ranaivo­jaona, vendeur d’articles en peau de crocodile. Il a appelé chaque intervenant à prendre ses responsabilités pour ne pas revivre l’expérience.

Des investisseurs ont déjà aussi manifesté leurs intérêts pour l’élevage de crocodile, la levée de l’embargo devrait les inciter à mettre leurs projets en œuvre.

 

Lantoniaina Razafindramiadana

L’Express

Publié dans Revue de presse

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