Filière exportation: hausse des prix de la vanille

Publié le par Alain GYRE

Filière exportation : Hausse des prix de la vanille
(13-11-2012) - Les paysans producteurs de vanille commencent à pratiquer la rétention de stock et si les acteurs de la filière ne font pas preuve de prudence, des problèmes pourraient surgir.

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Une gousse de vanille
© AFP


Les paysans producteurs de vanille retrouvent de l’espoir. Après avoir vécu les pires moments de leur existence en raison d’une baisse importante des prix, durant ces dernières années, ils retrouvent maintenant un niveau de prix qui leur donne du courage à rester dans cette filière dont le propre est de connaître des hauts et des bas.

Doublement des prix. En effet, sur le marché local, la vanille en vrac se vend actuellement entre 45 000 Ar et 50 000 Ar le kilo. Tandis que la vanille préconditionnée, c’est-à-dire de qualité supérieure est vendue jusqu’à 55 000 Ar le kilo. « Avant, les prix appliqués étaient pratiquement la moitié » précise un opérateur de la filière. Un doublement des prix qui s’explique avant tout par l’abandon des principaux concurrents de Madagascar. « En raison de la baisse des prix internationaux de la vanille, certains pays producteurs comme l’Inde, l’Indonésie, la Nouvelle Guinée, n’exportent plus » ajoute notre interlocuteur. Du coup, Madagascar occupe plus que jamais son statut de capitale mondiale de la vanille. La Grande Ile détient même actuellement un quasi-monopole en la matière.

Rétention de stock. Du coup, l’offre mondiale accuse une baisse assez conséquente. De 2300 tonnes entre 2007 et 2012 la quantité exportée est de 1750 tonnes en 2011. Pour 2012, il y aura encore une baisse et certains professionnels de la filière estiment qu’il y aura peut-être seulement 1500 tonnes de vanille exportable pour l’actuelle campagne. Une baisse de l’offre qui n’a pas échappé aux planteurs, collecteurs et préparateurs voulant profiter au maximum de la situation et rattraper les pertes de ces dernières années. En effet, les acteurs locaux retiennent actuellement leur stock, en vue d’imposer plus tard des prix encore plus chers. Une rétention de stock que n’apprécient évidemment pas les autres acteurs de la filière, dans la mesure où une hausse exorbitante des prix ne ferait qu’inciter les industriels à opter de nouveau vers la vanille artificielle. « Certes, les planteurs et les collecteurs ont le droit de chercher à faire le maximum de profit, mais un excès pourrait être dangereux pour l’avenir de l’ensemble de la filière » explique un exportateur.

Grands perdants. Justement, ce sont les exportateurs qui pourraient être les grands perdants dans cette situation. En effet, alors que les coûts augmentent sur le marché local, sur le marché international, les prix ne bougent toujours pas. « On est encore entre 20 et 22 USD le kilo » explique cet exportateur qui précise que les risques augmentent dans le contexte actuel car les charges augmentent, alors que l’on ne connaît toujours pas les cours mondiaux. Des prix à l’exportation qui vont, naturellement augmenter mais la prudence veut que ce ne soit pas à un niveau trop élevé car cela risque encore de frapper de plein fouet cette filière vanille qui retrouve actuellement son redressement.

R.Edmond.

Midi Madagasikara

Publié dans Revue de presse

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meranthe 14/11/2012 12:47

on en a encore de la vanille et de la bonne en plus !!!!