Filière jatropha: vers des résultats positifs d'ici 2-3 ans

Publié le par Alain GYRE

Filière jatropha: Vers des résultats positifs d’ici 2-3 ans

     

 

Vendredi, 19 Octobre 2012

La plateforme agrocarburant durable (PAD) estime même que le pays devrait s’attendre sous peu à un boom de la filière agrocaburant. Hier à Antsakaviro, elle a avancé que des résultats positifs sur les expérimentations menées sur le jatropha devraient voir le jour d’ici 2-3 ans.

Après les nombreux échecs de ces dernières années donc, des opérateurs de la filière avancent dans leurs recherches et expérimentations en s’appuyant sur les leçons de ces échecs. Pour l’heure, un investisseur de la filière plante sur moins de 500 ha et ils sont une quinzaine à injecter de l’argent dans ces activités d’expérimentation. Celles-ci portent à la fois sur les techniques culturales, les variétés, la rentabilité… Face à cette perspective plutôt bonne, la PAD estime que le pays a un laps de temps pour se préparer au boom. D’après l’étude qu’elle a effectuée en novembre dernier, la réponse aux besoins nationaux en agrocarburant nécessite 950 000 ha de terres dans le cas où la canne à sucre et le jatropha sont retenus pour produire respectivement de l’agroéthanol et de l’agrodiesel. Et l’étude de souligner : « La réponse aux besoins de Madagascar en matière d’agroéthanol jusqu’à 2030, nécessitera la réservation d’une surface de 128 000 ha de canne à sucre en tenant compte d’un rendement moyenne de 3m3 d’éthanol par ha ou une surface de 262 000 ha de manioc en tenant compte d’un rendement de 1,48 m3 par ha. La réponse aux besoins de Madagascar en matière d’agrodiesel jusqu’à 2030, nécessitera la réservation d’une surface de 822 000 ha de jatropha ».

La PAD précise toutefois qu’il ne lui appartient pas de définir les plantes à adopter. Elle avance seulement que sans considération des destinations finales des produits, de nombreuses matières premières potentielles existent déjà. Pour la production d’agroéthanol, ce sont la canne à sucre (69 820 ha), le manioc (378 290 ha), le maïs (306 392 ha) et les sons de riz dans les zones rizicoles qui présentent une potentialité intéressante du point de vue quantitatif et qualitatif. « D’autres plantes telles que le jacquier, banane et ananas peuvent être classées comme telles. Et pour la production d’agrodiesel, les jatropha, le ricin, le coton, le soja et le palmier à huile s’avèrent les plus connus. D’autres plantes comme les kapokiers et Pongamia Pinnata, aleurites, qui ont fait des objets de recherche d’adaptation à Madagascar avec des résultats probants, mais non suivi de diffusion. La famille des Aricacées comporte aussi plusieurs espèces qui méritent d’être explorées ». Créée en 2009, la plateforme contribue à la promotion de la filière agrocarburant. Celle-ci devrait répondre à la demande nationale mais s’orienter aussi sur l’exportation. La PAD avance que le pays devrait négocier un accord commercial préférentiel avec l’Union européenne pour décrocher une part de marché bénéficiant d’une franchise complète ou réduite et d’un quota à exporter sur le marché européen. D’ores et déjà, les investisseurs installés à Madagascar ont identifié des débouchés sur l’Europe.

La Gazette

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