Filière sucre: Rapporte plus que le riz

Publié le par Alain GYRE

Filière sucre: Rapporte plus que le riz

     

 

Lundi, 22 Avril 2013

Un atelier de réflexion sur la filière sucre a été organisé à Ambilobe les 18 et 19 avril derniers par le Centre malagasy de la canne et du sucre (CMCS) . Il avait pour objectif d’organiser la campagne sucrière pour maximiser la production au bénéfice de tous les acteurs, soit les planteurs, les transporteurs, les industriels, les consommateurs… Cet atelier a permis de savoir que de nombreux paysans reviennent planter de la canne à sucre ou s’y convertissent. Ce nouvel engouement s’explique notamment par la rentabilité de la plantation. En effet, la canne à sucre rapporte plus que le riz qui nécessite plus de travaux et donc de dépenses. Les planteurs couvrent leurs dépenses dès la 1ère production. De plus, ces dépenses ne sont pas élevées. Si l’on cite le labour, il faut seulement en faire tous les 5 ans. Sinon, les dépenses incompressibles portent sur l’entretien périodique de la plantation sur ce cycle de 5 ans qui est celui de la canne à sucre. Pour l’actuelle campagne, les prévisions de production se situent à 100 000 tonnes. Mais sur le marché intérieur dont le besoin annuel est de 150 000 tonnes, le sucre local est plus cher que l’importé.

Comme quoi, il n’est pas compétitif. Le ministère du Commerce explique cette situation par l’éloignement de l’unité de production par rapport au marché. Ambilombe se trouve, par exemple, à près de 1 000 km de la capitale. Cette usine produit pourtant la plus grosse quantité de sucre dans le pays. Le transport du sucre vers les consommateurs coûte cher puisqu’il se chiffre par quelques centaines d’ariary par kilo. D’où le choix des consommateurs pour le sucre importé. Mais si le marché local n’est pas preneur du sucre local à cause de son prix plus élevé, ce produit est très apprécié sur le marché international et plus particulièrement en Europe. C’est aussi le cas pour le cacao et la vanille de Madagascar dont la qualité surpasse celle d’autres pays. Une firme locale exporte même pour des clients prestigieux implantés en Angleterre du chocolat fabriqué avec le cacao du Sambirano (Nord). Pour le sucre, le pays en exporte 40 000 tonnes par an. C’est ainsi que le ministre du Commerce, Olga Ramalason a souligné la nécessité de faire la promotion de ce produit : « La réputation du sucre est fragile mais ce produit a du potentiel. Nous pouvons produire du sucre bio, du sucre brun qui est très recherché sur le marché international ».

Dans le cadre de cette promotion, une convention tripartite définit les modalités de coupe, de transport et de livraison, le rapport interprofessionnel pour une bonne mise en œuvre des relations contractuelles entre les planteurs, les industriels et les prestataires de services, et le cadre de réflexion, de concertation et de résolution des problèmes d’organisation de la campagne. Par ailleurs, cette convention définit la canne de référence. Celle-ci doit être, entre autres, saine, fraîche, marchande... Ces caractéristiques sont définies par le protocole du CMCS. Pour la mise en œuvre et le suivi de cette convention, un comité local sera mise en place dans un mois. A Madagascar, la filière sucre compte 5 usines dont 3 fonctionnelles (Morondava, Ambilobe et Namakia), et une soixantaine de variétés de canne. Les cannes doivent être livrées à l’usine 2 jours après la coupe car le saccharose se dégrade rapidement. 8 heures sont nécessaires pour extraire le sucre de la canne avec un taux de rendement de 10%.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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