Filière tilapia: L’Afrique, une opportunité à exploiter

Publié le par Alain GYRE

Filière tilapia: L’Afrique, une opportunité à exploiter       

Lundi, 28 Avril 2014

Dès 2012, la FAO a indiqué que la Chine, 1er producteur mondial de tilapia, pourrait moins se focaliser sur le marché américain et accroître ses exportations vers l’Afrique.

 

Récemment en effet, la lettre numérique Santé nature innovation, le site web consoglobe.com et le magazine américain Businessweek soulignent que les Chinois nourrissent leurs tilapias avec des excréments d’oies et de porcs. De quoi écœurer les consommateurs occidentaux Et bien avant cette information d’ailleurs, soit en 2011, les importations chinoises de tilapia sur le marché américain ont chuté de plus de 10%. Le continent africain se présente donc comme une opportunité pour la Chine. Jusqu’ici, les marchés visés sont le Cameroun, la Côte d’ivoire, l’Angola, la RDC, le Ghana, la Namibie, le Nigeria et le Bénin. Les analystes avancent qu’il s’agit de marchés peu exigeants en termes de normes sanitaires. Madagascar aussi est peu regardant en matière de normes mais pour l’heure, il n’est pas visé par la Chine, d’autant plus que la Grande Ile dispose d’immenses surfaces (550 000 ha) propices à l’aquaculture. Il faut y ajouter les 100 000 ha de rizières propices à la rizipisciculture.

 

Mais face à la polémique sur les tilapias de Chine nourris aux excréments d’animaux qui pourrait enfler, des pays comme Madagascar pourraient se positionner sur le marché régional. Certes, la filière connaît des problèmes dont les grosses pertes post-capture qui peuvent atteindre plus de 20% au niveau des collecteurs (données FAO), mais si elle est développée comme il faut, elle peut se positionner sur le marché africain. En janvier dernier, un atelier national a été organisé dans la capitale pour évaluer les pertes post-capture dans la filière tilapia. L’objectif est de gérer au mieux la filière avec des stratégies à mettre en œuvre dans les régions concernées. Notons que la filière compte plus de 100 000 pêcheurs professionnels dont notamment des pêcheurs traditionnels. Mais il y a aussi les pisciculteurs et les rizipisciculteurs. A l’heure actuelle, le tilapia et la carpe constituent plus de 90% de la production piscicole. Si le pays veut développer au mieux cette filière, outre la maîtrise des techniques, il faut aussi disposer de suffisamment d’alevins tous les ans. Sans cela, les superficies propices à la pisciculture ne seront pas exploitées.

 

Il faut rappeler que la densité exigée pour une production performante en rizipisciculture est de 2 500 alevins par hectare. Il faut donc 250 millions d’alevins par an pour les 100 000 ha évoqués plus haut. Si le pays veut conquérir le marché africain, il faudra en fait organiser la filière d’amont en aval. On peut citer la maîtrise des techniques d’aménagement des surfaces et de production, l’approvisionnement en intrants (alevins, alimentation animale…), la maîtrise de la collecte, la mise en place de chaînes de froid, etc.

 

Fanjanarivo

La Gazette

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