Forêts de tapia: Des menaces pèsent sur ces ressources très utiles

Publié le par Alain GYRE

Forêts de tapia: Des menaces pèsent sur ces ressources très utiles

     

 

Mardi, 26 Mars 2013

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Des pressions anthropiques pèsent actuellement sur cette formation végétale endémique, l’une des rares forêts naturelles des hautes terres centrales.

Le Missouri botanical garden (MBG) cite notamment les feux de brousse. Certes, les arbres de tapia tolèrent le feu mais les feux à répétition peuvent les détruire et dégradent leur capacité de régénération. Il y a aussi la surexploitation pour le bois de chauffe, le défrichement pour gagner de nouveaux espaces pour les cultures vivrières. Le MBG relève également que l’envahissement d’espèces introduites Pinus sp. et Eucalyptus sp. constitue une autre menace. De ce fait, la gestion rationnelle de ces forêts et leur protection sont primordiales pour plusieurs secteurs. En effet, ces forêts contribuent à l’amélioration du bien-être des riverains et à la conservation de la biodiversité dont les vers à soie sauvage. Les tapia abritent les vers à soie sauvage ou Borocera cajani qui donnent le « landibe » ou soie sauvage. Le MBG précise que l’Uapaca bojeri constitue la principale plante nourricière de ces vers. La filière soie sauvage fait partie des activités génératrices de revenus pour les riverains des forêts de tapia.

A Sandrandahy dans l’Amoron’i Mania, des tisserands de soie sauvage exportent sur les Etats-Unis depuis quelques années. En 2011, ils étaient à la grande foire internationale de l’artisanat de Santa Fe aux USA. Si la soie tissée est traditionnellement utilisée pour les linceuls (lambamena), elle s’est invitée dans la mode depuis quelques décennies et devient même le top pour des vêtements d’apparat, des robes de mariée… De nombreux stylistes œuvrent pour la valorisation de cette matière, notamment dans des créations pour l’exportation (écharpes, nappes de table, dessus-de-lit, rideaux etc.) Sinon, le tapia contribue à la protection du sol contre l’érosion et à la régulation du cycle de l’eau. Ses forêts offrent des lieux de récréation pour les riverains, les touristes et acteurs de développement qui travaillent dans les zones où ces forêts se trouvent. Le MBG rappelle que les aires de distribution du tapia sont l’Imamo (Arivonimamo et Miarinarivo), le col des tapia (entre Antsirabe et Ambositra), Itremo (Ambatofinandrahana et la chaine d'Itremo) et Isalo (près de Ranohira).

Les tapia dominés par Uapaca bojeri, et connus sous différentes appellations « hazondandy », « tapia », « voampaka », « voantapia », sont des arbres haut de 9 à 12 m munis d’un tronc atteignant jusqu’à 60 cm de diamètre. Ils ont des écorces très épaisses (1,5 à 2 cm) et crevassées, des feuilles difficilement inflammables, Uapaca bojeri a les caractères typiques des arbres pyrophytes ou qui ont une grande résistance au feu. Elle a une capacité de se régénérer par rejet des souches. Ses fruits sont des drupes arrondies, à côtes plus ou moins saillantes, vertes ou jaunes sur l’arbre mais deviennent brunes lorsqu’elles sont mûres et tombent au sol. Ces petits fruits sont commercialisés depuis plus de 200 ans et destinés également à la fabrication de boissons alcoolisées. L’écorce de l’arbre est utilisée comme remède à la dysenterie. Les tapias favorisent aussi la pousse de champignons comestibles. Ils servent de bois de construction et sont utilisés dans la fabrication de matériels et accessoires d’usage quotidien…

Recueillis par Fanjanarivo

L’Express

 

Publié dans Revue de presse

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