Formation agricole : les paysans de plus en plus intéressés

Publié le par Alain GYRE

 

 

Formation agricole : les paysans de plus en plus intéressés       

Mardi, 04 Juin 2013 08:05 

A l’évidence, les paysans malgaches ne se contentent plus de la technique traditionnelle et s’intéressent à se former afin de bénéficier d’autres techniques pour pouvoir augmenter leur production. A cet effet, ils suivent des formations auprès des écoles ou centres professionnalisants pour apprendre à gérer leurs champs, à produire encore plus. C’est notamment le cas au Champ-école d’Ambositra qui accueille plusieurs femmes et homme ruraux venants de plusieurs zones.

Le centre Champ-école d’Ambositra bénéficie du soutien de l’association Opération SRI Madagascar dont le but est de soutenir la diffusion du Système de Riziculture Intensive (SRI) et de l'agrobiologie à Madagascar. Plus précisément, les deux parties offrent des formations sur la stratégie pour le développement rural afin de parvenir à l'autosuffisance et de pouvoir ainsi se développer. Le centre se spécialise dans la culture de base de la Grande île, le riz. Selon des informations émanant du centre, grâce à des techniques spécifiques, le paysan peut facilement doubler, voire tripler d’emblée sa production.

 

Grâce à une formation qui dure environ 15 jours, les participants limités au nombre de 15 par vague, bénéficient d’une méthode qui révolutionne la riziculture traditionnelle, le SRI. Ce dernier repose sur plusieurs principes très simples : repiquage des plants très jeunes, repiquage en ligne, assèchement partiel des rizières... De plus, ce système est entièrement biologique, permettant aux paysans d'échapper à l'endettement par l'achat d'intrants chimiques de plus en plus coûteux.

 

En 2008 la production rizicole malgache s'élevait à 3 millions de tonnes, avec un rendement moyen de 2 tonnes par hectare, ne pas couvrant ainsi les besoins nationaux. Madagascar doit chaque année importer plus de 200.000 t de riz pour palier ses besoins nationaux. La Grande île connaît régulièrement des famines, et l'actuelle flambée du cours des céréales ne fait qu'aggraver la situation, quand on sait que plus de 80% de la population malgache vivent avec moins de 1€ par jour.

 

Alors que Madagascar compte 1.721.000 riziculteurs, seulement 65.000 d'entre eux, soit environ 3,5%, pratiquent aujourd’hui le SRI, faute d'une vulgarisation suffisante. Développer le SRI, c'est, à terme, permettre à Madagascar de devenir autosuffisant en riz et même de pouvoir en exporter, et ainsi développer son économie.

 

Il faut savoir par ailleurs que le Champ-école a été créé en 2005 à Ivato Ambositra. Vu les résultats, on peut dire sans ambages qu’il s’agit-là d’un exemple significatif d’une gestion de terroir maîtrisée sur plus de 25 hectares sans mécanisation avec : mise en valeur programmée de sols de configurations diverses (en région accidentée), captage et maîtrise de l’eau agricole et ménagère, cultures biologiques intégrales et diversifiées.

 

R.V.

La Gazette

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