Graine de vie : "L’arbre qui refait la forêt"

Publié le par Alain GYRE

Graine de vie : "L’arbre qui refait la forêt"

06/02/13 |  Nature

 

En trois ans d’existence, l’association belge Graine de vie vient de planter son millionième arbre à Madagascar. Un important programme de reforestation visant à combattre le réchauffement climatique à l’échelle de la planète. Explications de son président fondateur.

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A coup de déforestation massive en Amazonie comme ailleurs, la planète risque vite de devenir irrespirable. Au sens propre du terme, puisque les forêts réparties sur le globe produisent l’essentiel de l’oxygène nécessaire à la vie. « Un seul arbre fournit en moyenne de l’oxygène pour quatre personnes », rappelle Frédéric Debouche, président fondateur de L’ONG belge Graine de vie. De véritables poumons naturels grâce auxquels il est aussi possible de compenser les émissions de dioxyde de carbone dues à l’activité humaine, responsables comme chacun sait du réchauffement climatique. Mais pour combien de temps?

 

Au rythme des déboisements actuels, sous le coup des pelleteuses et des brûlis (tavy), les forêts s’amenuisent comme une peau de chagrin et ne seront bientôt plus en mesure de jouer ce rôle de « puits de carbone ». Madagascar a ainsi perdu 85 % de sa forêt en quelques décennies… « Notre belle planète ne pourra bientôt plus subvenir à nos besoins en oxygène, il est urgent d’agir par solidarité envers les générations futures », souligne Frédéric Debouche. Ce constat alarmiste est à l’origine du vaste projet de replantation d’arbres initié depuis trois ans par Graine de vie à Madagascar. L’association a ainsi replanté son millionième arbre en 2012. Soit 1 000 hectares répartis sur 14 sites de reboisement : six dans la province d’Antsiranana, six au nord de Sambave et deux autour de la capitale (dont un à Akamasoa, l’association du père Pedro). « Ce million d’arbres est capable d’absorber 5 000 tonnes de carbone par an, contrebalançant ainsi l’empreinte écologique exagérée des pays industriels. Ce sont eux qui sont à l’origine de cette situation à l’échelle de la planète et il est normal de leur demander de financer la reforestation », explique Frédéric Debouche.

 

Pour cela, Graine de vie joue la carte de la solidarité, en demandant à des sociétés ou à des particuliers en Belgique de mettre la main à la poche. Avec un budget de 100 000 euros pour 2012-2013, elle est ainsi capable d’initier d’importants programmes de développement durable. Ses 14 pépinières font aujourd’hui travailler 235 personnes, essentiellement des femmes, sous la supervision de six permanents chargés également de former des pépiniéristes locaux. « En collaboration étroite avec les autorités locales, nous sensibilisons les villages à la protection de leur environnement, en plaidant notamment pour la diminution des cultures sur brûlis », précise Frédéric Mathot, trésorier et membre fondateur de l’association. Jusqu’aux élèves des collèges (plus d’un millier et demi) qui assurent bénévolement l’entretien des jeunes arbres, afin de leur éviter d’être étouffés par d’autres végétaux.

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En ne plantant que des arbres endémiques, le projet est clairement de reconstituer la forêt primaire aujourd’hui ravagée. S’y ajoutent toutefois environ 5 % d’arbres fruitiers (cacaotiers et manguiers) afin de favoriser de nouvelles productions locales, sources de profits à venir. Prochain objectif : l’opération Nosy Be Île Verte visant à reboiser le mont Passot, en collaboration avec l’association Avotra et le district de Nosy Be. « Lorsque des millions et des millions d’arbres seront plantés un peu partout dans le monde, notre Planète respirera mieux et sera mieux à même de se protéger contre le réchauffement climatique », fait valoir Frédéric Debouche. Quand l’utopie passe à l’acte…

 

 

 

 

 

Contact :

Frédéric Mathot

Graine de vie

 

 

Propos recueillis par Joro Andrianasolo

(article publié dans no comment magazine n°37 - Février 2013 ©no comment éditions)

 

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