Grenier de l'Océan Indien: Un projet en gestation pour soutenir le pays

Publié le par Alain GYRE

Grenier de l’océan Indien: Un projet en gestation pour soutenir le pays

     

 

Mercredi, 16 Janvier 2013

5 400 t sur les 18 000 t de grains importés par les pays de l’océan Indien proviennent de Madagascar. Pour l’oignon, la part du pays est de 1 940 t sur un total de 28 000 t. Ces statistiques évoquées hier au Carlton lors de l’atelier national sur la sécurité alimentaire pour la région de l’océan Indien, montrent le niveau encore faible de la part de Madagascar sur le marché de la région. Or, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Philibert Rakotoson a précisé que 95% de la superficie terrestre de la région se trouvent à Madagascar, contre 80% pour la surface maritime. Il évoque aussi la présence d’une main d’œuvre abondante, habile et courageuse, ainsi que les conditions climatiques favorables. Autrement dit, Madagascar a les atouts pour devenir le grenier de l’océan Indien et même au-delà selon la vision des pays de la Commission de l’océan Indien (COI) qui est l’initiateur de l’atelier d’hier. Afin de concrétiser cette vision, le pays bénéficiera à partir de 2014 d’un projet axé sur la promotion de l’agroécologie dans le Vakinankaratra, le Menabe et la Sofia. L’agroécologie est un mode de culture associant le développement agricole et la protection de l’environnement via l’utilisation limitée d’intrants chimiques, une bonne maîtrise de l’eau, des semences de qualité, etc.

D’après l’ONU, elle devrait doubler la production agricole en 10 ans car rien qu’avec la bonne maîtrise de l’eau, on peut augmenter le rendement de 100%. Quant aux 3 régions du futur projet, elles ont été choisies puisque des projets de développement y sont déjà implantés. Il s’agira donc de conjuguer les efforts pour appuyer les producteurs dans les filières suivantes : le riz, le maïs, les grains et l’oignon. Le directeur général de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie de Madagascar (FCCIM), Josielle Rafidy évoque les problèmes à résoudre dans le cadre de ce projet. Elle cite notamment le respect des normes. D’aucuns se rappellent qu’au milieu des années 2000, l’exportation de pommes de terres sur Maurice s’est heurtée à ce problème. Il faut aussi un cadre incitatif pour l’investissement. Les infrastructures aussi doivent être développées car dans la plupart des cas, les zones productives sont enclavées… Selon le chef de projet agroécologie et expert de la COI, Andriantahina Rakotondralambo, le projet devrait s’étaler sur 6 ans.

Après l’atelier d’hier ayant permis de recueillir les avis et propositions des différentes prenantes et de définir l’envergure du projet, la réunion des bailleurs de fonds est prévue en mars prochain. D’ores et déjà, l’on a remarqué à l’atelier d’hier la présence de partenaires techniques et financiers comme le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), la FAO, l’Union européenne, etc. Rappelons toutefois que les expériences antérieures portées presque exclusivement par des opérateurs privés de la région océan Indien ont comporté beaucoup de lacunes dont les problèmes de qualité. L’expert de la COI avance que pour y remédier, ces problèmes seront gérés en commun par les pays concernés. Cette transparence devrait faire ressortir les avantages comparatifs de chaque pays et de surmonter les difficultés par la même occasion.

Fanjanarivo

Production rizicole: Pas de risques pour la campagne 2012-2013

C’est ce qu’a déclaré le secrétaire général du ministère de l’Agriculture hier au Carlton lors de l’atelier sur la sécurité alimentaire dans la région océan Indien. Il explique : « Certes, une partie de l’Alaotra ne bénéficie pas d’une pluviométrie correcte, mais les rizières sur le pourtour du lac afficheront toujours une bonne production. En fait, il y a compensation en termes de production entre les surfaces affectées par la sécheresse et celles qui reçoivent une pluviométrie suffisante. Cela veut dire que pour la campagne 2012-2013, il n’y a pas de risques tant pour la production que la distribution ». Ces propos rassurants devraient atténuer l’inquiétude des producteurs et des consommateurs par rapport aux caprices de Dame pluie de ces derniers mois. Au lieu d’une pluie continue en effet, plusieurs régions n’en reçoivent qu’une seule fois et c’est une pluie torrentielle. Pas suffisamment étalée dans le temps pour faire pousser les plants de riz d’une manière correcte. Sur les hauts-plateaux comme dans l’Amoron’i Mania, les paysans sont perplexes. Car outre l’insuffisance de la pluviométrie, il fait froid le matin et le soir et des brouillards surgissent même le matin. Un tel climat n’est pas propice à une bonne pousse des plants de riz. Ceux-ci ont besoin d’assez de pluie et de chaleur. Concernant la sécurité alimentaire, le secrétaire général révèle que les ministères concernés (agriculture, pêche, élevage) sont en train d’élaborer un programme sectoriel. La FAO aussi revoit actuellement le cadre de programme-pays incluant la sécurité alimentaire. Le SG souligne l’expertise de cette agence onusienne dans ce domaine. Il rappelle que parler de sécurité alimentaire signifie disponibilité et accès aux aliments, stabilité des prix, qualité et salubrité des aliments.

Fanjanarivo

La Gazette

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