Histoire de Sokake (la tortue)

Publié le par Alain GYRE

109 Histoire de SOKAKE (la tortue)

 

                Il était une fois…  (Indray andro hono…)

 

                Il y a bien longtemps, un jeune homme appelé Sokake (soukaké) qui habitait un vaste pays lointain où le soleil brille toujours dans un ciel de couleur bleu profond, un pays appelé Madagascar et où la nature offre des paysages variés :

 

-          de forêt dense toujours vertes avec de grands arbres qui déploient leurs grandes feuilles vertes.

-          de forêt sèche avec de grands palmiers ou de grands arbres bouteilles appelés Baobabs

-          de forêt d’épineux avec des cactus de toutes les formes…

 

Et c’est là… dans le Sud Malgache, domaine de la « forêt d’épineux » appelée aussi « Bush » que s’est déroulée l’histoire de Sokake.

 

Sokake aimait bien faire la fête et, le soir venu partait avec ses amis danser de villages en villages.

Dans la journée, il devait travailler avec son père.

Comme tous les paysans du sud malgache, Sokake était bouvier : il gardait dans les prairies un troupeau de zébus, des vaches à bosses et à cornes.

 

Mais fatigué de sa tournée nocturne, Sokake tardait souvent à se réveillé…

 

Un jour… Il y eut un deuil dans le village. Comme tous les habitants se connaissaient, chacun avait un devoir de visite et de veiller pour le réconfort et le soutien des parents du défunt.

Les parents de Sokaké partirent alors accomplir leur devoir envers leurs voisins. Et tout le village passa la nuit à veiller. Puis le lendemain, vint le moment de l’enterrement.

 

Mais Sokake était toujours absent. Où était-il ? Que faisait-il ?

 

Sokake s’amusait comme à l’accoutumée dans les villages environnants.

Il ne vit pas passer le temps !

 

Le village mit dons le défunt en terre. Sur le chemin du retour pour son village, Sokake croisait du monde…

C’étaient les paysans qui revenaient de l’enterrement.

Ils ne lui disaient rien mais leurs regards lui lançaient des reproches :

 

« O quelle horreur ! Sokake avait complètement oublié son devoir envers son village !

Quelle honte pour un jeune homme en âge de prendre une épouse !

Il aurait pu au moins rendre visite aux parents du défunt !ses amusements habituels l’avaient retenu et il avait tout oublié !... ».

 

Et à chaque fois que des regards se posaient sur Sokake, il devenait de plus en plus petit… changeait de couleur et …

 

Sokake finit par devenir une tortue !

 

La carapace de la tortue cachait la honte du jeune homme.

 

Et c’est ainsi que les tortues s’appellent aujourd’hui Sokake dans le sud de l’île.

 

Dans le sud de Madagascar où tout le monde connaît cette histoire, il y est interdit de tuer et de manger une tortue.

Quand on y rencontre une tortue, il est de coutume de la cacher avec une branche de feuilles vertes ou mieux encore, la remettre dans le bois.

Et c’est ainsi que les malgaches ont pu préserver les belles tortues de l’île, ces créatures uniques au monde.

 

Comme tous les contes malgaches, celui-ci se termine par :

 

« Angano, Angano, Arira, Arira ! Izaho mpamaky…Ny vaotavo ! Ianareo mpihaino »

 

Prononcer :AngaN angaN ariR ariR izaH MpamaC n vouataV ianaré MpiHaïN

 

« Contes, contes balivernes et balivernes ! A moi, de casser la calebasse…Censée contenir les bonnes paroles ! A vous, d’en retenir l’essentiel

 

A retenir :

Nous avons chacun des libertés et des droits mais aussi et surtout des devoirs envers nos prochains.

Au sein des sociétés de Tradition Orale, les Interdits tiennent une place importante dans l’éducation.

A Madagascar, ne pas tuer la tortue revient ) la protéger puis = protéger son milieu, bref à protéger la nature.

Le geste rituel associant la tortue et les feuilles vertes nous rappelle aussi que la faune et la flore doivent toujours aller ensemble.

Publié dans Contes sur la toile

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