Horticulture: Les plantes à fleurs hybrides séduisent

Publié le par Alain GYRE

Horticulture: Les plantes à fleurs hybrides séduisent

1 fleur

Les plantes à fleurs hybrides sont les plus demandées et les plus recherchées au marché d’Anosy

La plante à fleurs « naturelles » fait face à la rude concurrence de celle à fleur d'origine anthropique. Cette dernière est très appréciée pour à sa multiples couleurs et sa résistance.

Rose violette, panachée ou verte. Les plantes à fleurs hybrides attirent de plus en plus les amateurs et amatrices de fleurs.
« La rose à fleurs noires est la plus recherchée mais nos fournisseurs d'Ambatofotsy et de Miarinarivo n'arrivent pas encore à la produire. Les roses violette et verte demeurent, aujourd'hui, les nouveautés depuis trois ans » révèle Julie Natacha Rafarasoa, fleuriste à Anosy.
Aussi, ce sont les plantes à fleur hybride qui restent les plus recherchées sur le marché.
« Ces fleurs ne se fanent pas vite. Madagascar possède de nombreuses variétés de plantes à fleurs mais le problème est qu'elles ne sont pas de fleurs à coupe, car elles se fanent en quelques jours dès qu'on les met dans un vase », ajoute Florence Ranivoarimanga, propriétaire de la boutique Carol Fleurs à Analakely.
En croisant deux espèces, on peut obtenir une descendance aux caractéristiques nouvelles comme des couleurs parentales mélangées, des feuilles ou des fleurs de formes différentes, mieux résistante aux maladies et de variété plus productive. Les hybrides ont ainsi permis de réaliser des milliers de combinaisons qui n'existent pas naturellement.
Cette hybridation florale s'effectue principalement in vitro. On résout de la sorte le problème de la germination des graines, très aléatoire dans la nature en raison du faible pourcentage de germination des graines.
Escroquerie
« Cette culture in vitro et ce croisement de fleurs pour donner naissance à une nouvelle espèce de fleur restent rares, voire inexistants à Madagascar. Aussi, les fleuristes malgaches ne font-ils que la multiplication par greffe pour avoir de nouvelles variétés de couleurs de fleur », souligne Vololona, ancienne adjointe technique agricole et grande amatrice de fleur.
Florence Ranivoarimanga, quant à elle, précise que pour avoir une nouvelle espèce de plante à fleurs, il faut trouver des naturelles au fin fond de la forêt ou depuis l'étranger.
« J'ai importé des fleurs du Pays-Bas et du Vietnam pour avoir de nouvelles espèces de fleurs. Les chrysanthèmes, de couleur jaune au départ, ont, par exemple, de différentes couleurs à présent grâce à l'hybridation, et elles sont très appréciées par nos clients », mentionne le propriétaire de Carol Fleurs.
À l'entendre aussi cette « transformation » a du prix. « L'importation des fleurs et leur
acclimatation dans la Grande île ont un prix. Mais pour un grand fan de fleurs, ce prix ne constitue pas une contrainte pour avoir de jolies fleurs », ajoute-t-elle.
Mais pour ne pas se faire escroquer, Julie Natacha Rafarasoa n'a qu'un conseil à donner pour les amateurs de plantes à fleurs hybrides.
« Beaucoup de client se font abuser par l'hortensia à fleurs jaunes, obtenue par multiplication à greffe. Aussi pour s'assurer l'authenticité de la plante, il faut bien vérifier la tige qui porte la fleur », suggère-t-elle.
Mais, ce ne sont pas seulement la rose et l'hortensia qui subissent cette modification.
« Des chercheurs vietnamiens arrivent, actuellement, à créer une nouvelle couleur de fleur d'orchidée de Madagascar », relate Florence Ranivoarimanga.
Avec la multiplication in vitro, les horticulteurs ont pu ainsi produire diverses variétés d’orchidées. Car certaines d’entre elles mettent plus de dix ans pour arriver à la floraison.


Un grand projet en vue
Les plantes présentent un enjeu économique de taille. Un grand projet d'horticulture, matérialisé par une grande culture en serre, commence à voir le jour à Anosivavaka-Ambohimanarina. Les propriétaires ne souhaitent pas encore dévoiler leur projet mais selon des indiscrétions, cette culture en serre vise à acclimater des plantes importées d’Europe et de toutes les régions de la Grande île. Cette culture serait également à des fins commerciales.

Les vases et pots de fleurs se modernisent
Les céramiques malgaches ne portent plus des simples dessins exclusivement géométriques. Les motifs d'impressions triangulaires, réalisés au moyen d'une tige de cypéracées, zozoro, ne sont plus les seuls motifs les plus répandus. Certains potiers arrivent, actuellement, à réaliser différentes images.
« Les vases et les pots de fleurs à décors simples sont les plus vendus à cause de leur prix, qui varie entre 1000 ariary et 30 000 ariary, selon leur qualité et la décoration imprimée », relate Julie Natacha Rafarasoa, fleuriste à Anosy.

Vonjy Radasimalala

Vendredi 01 mars 2013

L’Express

 

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article