Huit valises de tortues saisies aux Comores

Publié le par Alain GYRE

Huit valises de tortues saisies aux Comores

1-tortue1.jpg

Les tortues saisies à l’aéroport de Hahaya ont été maltraitées. Il a fallu les libérer de bandes adhésives

 

03.06.2014

 

Après quelques semaines d’accalmie, le trafic de tortues refait surface. Les tra­fi­quants auraient trouvé un autre trajet pour échapper à tout contrôle.

 

La brigade aéroportuaire de Moroni–Hahaya, de l’Union des Comores, a saisi, samedi, huit valises de 25 kg chacune et contenant 1 014 tortues terrestres connues sous le nom de Geocheloneradiata ou Astrochelyradiata, ou encore tortues radiées, lors des formalités de vol de la compagnie Précision Air, à destination de la Tanzanie, a fait savoir le communiqué du ministère des Affaires étrangères hier.

Ce communiqué laisse entendre également que les tortues étaient victimes de maltraitance. « Le rapatriement des tortues saisies aux Comores est prévu ce jour. Mais comme leurs pattes griffées ont été scotchées une à une pour les immobiliser, il a fallu les libérer, jusqu’à l’embarquement. Au cours de cette opération, certaines d’entre elles en sont mortes », a souligné le communiqué du MAE. Les autorités malgaches, par l’intermédiaire du Consulat de la République de Mada­gas­car auprès de l’Union des Comores, ont alors saisi les autorités comoriennes pour la mise en quarantaine et le rapatriement de ces tortues.

Nouveau trajet

Les enquêtes menées par les autorités comoriennes et malgaches ont également mis à nu un nouveau trajet utilisé par les trafiquants. Ainsi, les huit valises auraient été acheminées par voie maritime, de Mahajanga à Anjouan, avant de débarquer en Grande Comores. Le transfert vers l’aéroport pour l’embarquement à destination de la Tanzanie constituait l’étape finale aux Comores. « Ce trajet est encore peu connu. Le plus classique reste le passage à l’aéroport international d’Ivato. Selon nos expériences, la destination finale de ces tortues serait l’Asie », a expliqué Herilala Randria­mahazo, responsable de Turtle Survival Alliance.

Cette saisie renforce ainsi l’estimation de l’ampleur du trafic de tortue à Madagascar. « 60 000 tortues, en moyenne, font l’objet de trafic chaque année. Faute de moyens, notamment le manque d’effectif des forces de l’ordre, beaucoup de braconniers et de trafiquants arrivent encore à échapper aux mailles de nos filets », a expliqué une source auprès de Turtle Survival Alliance.

La tortue radiée et la tortue araignée, Pyxis arachnoides, espèces endémiques du Sud et du Sud-est, profitent ainsi aux marchés noirs où « elles sont vendues environ

4 800 dollars l’unité, pour les tortues radiées », stipule le rapport sur le commerce des reptiles et des amphibiens malgaches en Thaïlande, inscrit à l’annexe I de la convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites).

 

Vonjy Radasimalala

L’Express

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article