Humanitaire : Le Prix de la tolérance au Père Pedro

Publié le par Alain GYRE

Humanitaire : Le Prix de la tolérance au Père Pedro

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Avec ses actions, Père Pedro estime qu’il a déjà gagné le prix Nobel de la Paix

 

 

Une récompense pour l'humanitaire. Candidat déchu au Prix Nobel de la paix 2013, le père Pedro Opeka rentre, la tête haute. Le 19 novembre, l'Académie européenne des sciences et des arts lui a attribué le Prix de la tolérance 2013. La cérémonie de reconnaissance a eu lieu à Ljubljana, capitale de la Slovénie. Prix de la tolérance du fait de ses actions en faveur des trente mille familles qu'il abrite dans son centre Akamasoa à An­dra­lanitra.

« Le Prix de la tolérance n'est pas une étiquette que l'on colle sur quelqu'un. C'est un prix qui manifeste l'état d'esprit du travail humanitaire. Cette reconnaissance n'est pas seulement pour moi ou pour le centre Akamasoa, mais l'honneur revient surtout à Madagascar où le peuple, malgré les divergences d'idées, arrive encore à empêcher la guerre civile qui marque l'intolérance », expli­que-t-il. C'était hier, lors d'un entretien exclusif au Centre d’Andralanitra. Interrogé sur le Prix Nobel de la paix, Père Pedro répond avec fierté qu'il l'a gagné.

« Quand on a scolarisé onze mille trois cent cinquante trois enfants cette année, quand trois mille anciens vagabonds deviennent ouvriers dans les carrières et peuvent construire leur propre demeure, quand les pauvres peuvent se soigner comme tout le monde, c'est tout cela le Prix Nobel de la paix pour moi », souligne le prêtre. Il n'a pas toutefois manqué d'évoquer sa perception de la situation du pays, notamment en matière de développement.

En effet, grâce à son bâton de pèlerin qui le mène à travers le monde, le père Pedro Opeka constate que Mada­gascar ne devrait pas être là où il est aujourd’hui. «Il n'y a aucune raison que Madagascar soit pauvre. Sa population a une intelligence, le pays a de grandes richesses naturelles et un bon environnement. Malheureu­sement, il lui manque la vérité, le courage de dénoncer la corruption et le culte de la personnalité », constate le Prix de la tolérance 2013.

 

 

 

Michella Raharisoa

 

Samedi 30 novembre 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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