HYGIÈNE ET ASSAINISSEMENT : Les latrines demeurent un luxe

Publié le par Alain GYRE

HYGIÈNE ET ASSAINISSEMENT : Les latrines demeurent un luxe

 

Bon nombre de ménages négligent de construire des latrines sous les normes internationales

 1-latrines.jpg

Le défi  reste à relever pour parvenir aux normes internationales d'une latrine. Le changement de comportement est encore difficile.

 

L'utilisation de latrine n'est pas encore une priorité des ménages. En plein centre ville, l'odeur de la défécation à l'air libre est insupportable. La prolifération de constructions illicites aggrave la situation, dans la mesure où les fondations des maisons se font sur une buse d'évacuation. Dans les quartiers proches du canal Andriantany, les habitants se cachent derrière les conditions géographiques, humides des quartiers pour ne pas construire de latrines et versent ainsi leurs déchets fécaux dans le canal. La commune urbaine d'Antananarivo (CUA) admet que qu’il y a encore beaucoup à faire pour atteindre les normes internationales quant à l'utilisation des latrines. « L'octroi d'un permis de construire est conditionné par la mention construction de latrine. Toutefois, plus de la moitié des Tananariviens n'en ont pas et ils font leur besoin n'importe où (…) Il nous est difficile d'atteindre les normes internationales sur l'utilisation des latrines, c'est pourquoi la mairie a mis en place des latrines publiques. Celles-ci sont au nombre de dix sept depuis le début de l'année », a noté Olga Rasamimanana, secrétaire général de la CUA, hier, à l'occasion de la Journée mondiale des latrines.

Négligé

Le fond du problème réside dans la mentalité et la volonté des gens d'utiliser des latrines. Lovy Rasolofomanana, représentant résident de Water Aid l'a souligné, hier à Ambatomanga. « L'assainissement est négligé sur le plan budgétaire, étatique et individuel. Pourquoi des gens peuvent-ils construire une maison même en bois et pas des latrines dont la dalle coûte 10 000 ariary », a t-il demandé. Il fait appel ainsi à chaque individu, à toute les autorités compétentes dont l'État, les ONG et associations œuvrant dans le secteur Wash, s’entraider et à coordonner leurs actions pour accroître le taux d'utilisation des latrines qui est de 48% dans l'ensemble du pays. Pour sa part, Water aid effectue une promotion de dalles San plate, pour que les latrines soient à la portée de tous. La non-utilisation de latrines affecte également la santé, surtout des enfants de moins de cinq ans. La principale maladie liée à l'insalubrité est la diarrhée. Selon la dernière enquête démographique et de santé, la diarrhée est la deuxième cause de mortalité infantile, elle enregistre un million de consultations médicales par an.

 

Michella Raharisoa

 

Mercredi 20 novembre 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article