Igname: une journée nationale pour la valoriser

Publié le par Alain GYRE

Igname: Une journée nationale pour la valoriser

     

 

Mardi, 30 Octobre 2012

Toutes les ignames cultivées ou non sont utilisées comme aliments. Elles peuvent servir d'aliment de base, remplaçant le riz dans le Sud-est de Madagascar, mais dans la plupart des cas et des régions, elles servent de supplément au riz ou d'en-cas ou peuvent remplacer le riz en période de soudure. Elles sont devenues des ressources et des aliments négligés et leur culture a été abandonnée au profit du riz ou d'autres tubercules plus faciles à cultiver. Or beaucoup de ces ignames sont connues pour être plus riches au point de vue nutritionnel que les tubercules qui les ont supplantées.

Les populations qui connaissent les ignames s'entendent toutes pour dire que les ignames ont meilleur goût que les autres tubercules, en particulier le manioc, qu'elles ont la qualité de mieux rassasier et donc d'être plus intéressante pour s'attaquer aux travaux des champs. Enfin, au niveau de l'appréciation de leur goût, les populations hiérarchisent les ignames de telle sorte que c'est le mavondro qui est le plus apprécié, du moins dans les zones où il se rencontre, puis les ignames à chair violette ou rougeâtre (ovy lalaina, ovy ble, ovy mena) et les ignames à chair blanche et à peau fine (ovy lava, ovy fotsy). De toutes les ignames cultivées c'est la forme Ovibe qui est la moins appréciée bien que ce soit celle qui soit la plus cultivée et la plus abondante.

La préparation des ignames cultivées nécessite qu'elles soient d'abord épluchées, puis cuites dans de l'eau en morceaux plus ou moins gros. Ces préparations peuvent ensuite être mangées seules ou avec des accompagnements comme du poisson, de la viande, du miel, du jus de coco ou du sucre. Les ignames sont consommées fraîches. Il n'existe traditionnellement pas de séchage des tubercules et donc de transformation en cossettes. Le seul mode de conservation utilisée pour les ignames est d'enterrer les tubercules frais dans une fosse et de les couvrir de terre, auquel cas, l'igname peut se conserver une à deux semaines sans altération majeure.

Malgré cela, l'igname n'occupe pas une place très importante dans le régime alimentaire local : elle est consommée au petit déjeuner et parfois au goûter lorsque les paysans ont le temps (ou le besoin) de les récolter. La fréquence varie suivant les familles mais elle excède rarement deux ou trois fois par semaine. La raison principale invoquée pour manger l'igname est une volonté d'économiser le riz, même si la famille a les moyens d'en consommer.

Vu la place occupée de l'igname dans la nutrition, notamment des Malgaches, le comité d'organisation composé de la Ville d'Antananarivo, le ministère de l'Agriculture, le ministère de l'Environnement, le ministère de l'Education nationale, le ministère de la Population et des Affaires sociales, le programme SAHA, l'ONN, la FAO, l'AFFAMI, célèbrent la journée nationale de l'igname ce mercredi 31 octobre à l'Hôtel de ville d'Antananarivo à Analakely. Pour cette année 2012, "L'igname, un autre produit pour le développement ", est le thème de la journée. Elle sera ainsi marquée par des animations et d'une projection de film sur l'igname ou Oviala, visite de l'espace d'animations vivantes, dégustation des mets à base d'igname et plantation symbolique d'igname.

R.V.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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