Indicateurs d’éducation: Leur dégradation est particulièrement préoccupante

Publié le par Alain GYRE

Indicateurs d’éducation: Leur dégradation est particulièrement préoccupante          

Mardi, 23 Septembre 2014

 

L’État malgache s’est engagé en 2003 à réaliser la scolarisation primaire universelle en instaurant la gratuité de l’enseignement primaire.

 

Ensuite en 2005, l’engagement portait sur l’atteinte des objectifs de l’Éducation Pour Tous (EPT) à l’horizon 2015. Les effectifs scolarisés dans le primaire ont dès lors beaucoup progressé, passant de 3,4 millions en 2003-2004 à 4,3 millions en 2009- 2010.

 

Mais l’enquête nationale sur le suivi des indicateurs des OMD note que la crise qui prévaut à Madagascar depuis 2009 a fortement dégradé la situation de l’école. En effet, les effectifs scolarisés sont relativement stagnants. La progression du nombre de nouveaux entrants a fortement ralenti. Le nombre d’abandons a considérablement augmenté. La qualité des apprentissages a régressé et les acquis des élèves à la fin du primaire sont très faibles. Dans ce contexte, Madagascar semble s’écarter de l’atteinte des OMD en matière d’éducation, depuis 2006.

 

Au-delà de la non réalisation des OMD en matière d’éducation, la dégradation des indicateurs d’éducation est particulièrement préoccupante.

 

Ainsi, les taux de fréquentation du primaire accusent une baisse significative entre 2010 et 2012 (108% en 2012 contre 118% en 2010 pour le taux brut de fréquentation et 69,4% en 2012 contre 73,4% en 2010 pour le taux net de fréquentation).

 

Les disparités spatiales et socioéconomiques sont non négligeables.

 

En effet, la fréquentation du primaire est nettement plus importante en milieu urbain (Taux Net de Fréquentation de 86%) qu’en milieu rural (Taux Net de Fréquentation de 66%). Plus le quintile de consommation et le niveau d’instruction du chef de ménage sont élevés, plus grande est la proportion d’enfants du ménage qui fréquentent le primaire. Le taux net de fréquentation scolaire passe ainsi de 54% chez les enfants des ménages les plus pauvres à 82% dans les ménages les plus aisés. Les disparités sont du même ordre de grandeur quand on passe des ménages dont les chefs sont sans instruction (TNF de 54%) à ceux dont le chef a fait le secondaire ou le supérieur (TNF 84%).

 

Il existe également d’importantes disparités selon les régions. Ainsi, sur les 22 régions, 11 ont des TNF inférieurs à la moyenne nationale de 69,4% à savoir : Androy, Anosy, Melaky, Menabe, Atsimo Andrefana, Betsiboka, Ihorombe, Boeny, Atsimo Atsinanana, Vatovavy Fitovinany et Bongolava. Ce sont des zones dont la majorité de la population sont des éleveurs ou des cultivateurs ou des pêcheurs.

 

A l’inverse, les régions Analamanga, Analanjirofo, Itasy, Diana et Sofia, présentent des taux nets de scolarisation bien meilleurs.

La Gazette

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