Industrie des parfums: Des opportunités pour le vétiver et l’ylang-ylang

Publié le par Alain GYRE

Industrie des parfums: Des opportunités pour le vétiver et l’ylang-ylang            

Mercredi, 15 Janvier 2014 07:31

 

Plus de 120 matières utilisées dans l’industrie des parfums sont mises sur la sellette par la Commission européenne pour des questions de santé dont l’allergie.

 

Ainsi, l’utilisation de ces matières pourrait prochainement être interdite ou restreinte alors qu’elles sont essentielles dans la composition de certains parfums. C’est là que les matières premières végétales devraient avoir plus de place dans l’industrie européenne des parfums. En effet, si certaines matières ont été remplacées par des éléments de synthèse dont une partie pourrait figurer parmi les 120 matières évoquées plus haut, certaines plantes ne peuvent pas être remplacées par un vulgaire matière de synthèse. En effet, on ne peut pas obtenir des matières de synthèse pour avoir un arôme de jasmin, de vétiver, d'iris, de santal ou encore de lavande. Voilà pourquoi les parfumeurs se rendent à l'autre bout du monde pour sécuriser quelques kilos d’une plante. C’est là que l’ylang-ylang et le vétiver, des plantes qui poussent bien à Madagascar, pourraient se propulser sur le marché européen. D’ailleurs, la mondialisation a fait régresser la culture de plantes à parfum dans les pays riches dont notamment européens. En revanche, des pays du sud émergent dans ce secteur.

 

D’ailleurs, l’ylang-ylang est essentiellement produit dans des pays de l’océan Indien dont Madagascar. Cette plante fait particulièrement la renommée de Nosy-Be appelée également île aux parfums de par ses plantations d’ylang-ylang. Il y a 2 ans, les cours de l’huile essentielle d’ylang étaient entre 90 et 110 euros/kg, alors que le coût de production était de 300 euros. L’essentiel de la production en provenance de l’océan Indien est pourtant assuré par Mayotte et les Comores. Ces îles en exportent dans les 40 tonnes par an pour une production mondiale annuelle de 100 tonnes. Si la Commission européenne restreint ou interdit l’utilisation d’une centaine de matières dans l’industrie des parfums, les cours de l’ylang devraient bondir. Dans ce cas, Madagascar devrait s’engouffrer dans le créneau des matières végétales dont l’ylang et le vétiver. Notons que l’ylang-ylang entre dans la composition de parfums de renommée comme Chanel 5, Bois des îles, Amber ylang-ylang d’Estée Lauder. Il faut 100 kg de fleurs d’ylang pour obtenir 2 litres d’huile essentielle au bout de 12 h de distillation.

 

Il se peut aussi que le jasmin offre une autre opportunité puisque sur les 5 000 cultivateurs de jasmin des années 60 en France, il n’en reste plus qu’une trentaine à l’heure actuelle. Mais en face, la Chine et l’Inde sont les premiers producteurs mondiaux. Il faut environ 7 millions de fleurs de jasmin pour avoir 1 kg d’huile essentielle. C’est la raison pour laquelle le jasmin est utilisé notamment dans la parfumerie de luxe. Tout comme le jasmin, le parfum tiré du vétiver ne peut pas être synthétisé. A Madagascar, cette plante est essentiellement utilisée comme un élément antiérosif et comme matière première pour l’artisanat. Elle devrait pourtant engendrer plus de valeur ajoutée si elle est transformée en huile essentielle pour l’industrie des parfums. Avis aux investisseurs !

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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