Insécurité alimentaire: 9,6 millions de Malagasy en danger

Publié le par Alain GYRE

Insécurité alimentaire: 9,6 millions de Malagasy en danger

     

 

Vendredi, 11 Octobre 2013

21% de régression pour la production rizicole de 2012-2013.

C’est l’une des données du rapport de la mission conjointe d’évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire menée en juin-juillet par la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM), et publié ce mois d’octobre. Cet important recul de la production de riz se traduit par une menace d’insécurité alimentaire pour 9,6 millions de Malagasy, surtout pendant la soudure, soit d’octobre à mars. En effet, il correspond à un déficit en riz de 240 000 tonnes pour la campagne de commercialisation 2013-2014. Plusieurs facteurs expliquent ce problème. La mission évoque l’invasion de criquets, les inondations en début d’année suivies d’une période de faible pluviosité. Mais il n’y a pas que le riz. La production de maïs aussi est affectée. L’offre ne pourra pas répondre à la demande intérieure. Les besoins d’importation sont estimés à 28 000 tonnes. Pour le maïs, la sécurité alimentaire humaine n’est pas l’unique problème. L’élevage qui dépend également de cet intrant souffrira également avec une hausse attendue des prix. L’aviculture, l’élevage de porcs ou encore la pisciculture qui exigent tous de la provende, garantissent pourtant des revenus complémentaires pour bon nombre de ménages. Comme quoi, les effets néfastes du changement climatique conjugués à l’invasion acridienne risquent aussi de frapper des secteurs économiques.

Concernant l’insécurité alimentaire humaine, 4 millions ou 28% des ménages ruraux dans 20 régions sur 22 sont d’ores et déjà dans cette situation selon le rapport cité ci-dessus. Les 9,6 millions évoqués plus haut risquent de les rejoindre. En effet, l’invasion de criquets a eu « le double effet de provoquer des dégâts aux cultures et de dissuader les agriculteurs de semer », d’après toujours le rapport. Pour aggraver la situation, le Sud déjà en situation d’insécurité alimentaire en période normale, est particulièrement touché. Certes, les criquets se sont arrêtés aux portes de Tanà à la suite d’une baisse des températures et n’ont pas non plus migré vers les zones plus productives du Nord, mais le constat est là : l’insécurité alimentaire risque d’affecter plus de la moitié des Malagasy. Des candidats à la présidentielle évoquent ce problème dans leur campagne électorale, sans pour autant proposer des solutions concrètes. Et si l’on s’en tient à l’avertissement de la FAO et du PAM, la production nationale en 2014 ne s’annonce pas sous des meilleurs auspices sans interventions rapides contre les criquets. Celles-ci sont nécessaires pour éviter de nouveaux ravages sur les cultures et atténuer l’aggravation des impacts sur la production nationale en 2014.

Dans ce domaine, le programme triennal de lutte antiacridienne mis en œuvre par le gouvernement et la FAO a démarré fin septembre. Il comprend des opérations aériennes, l’identification et la localisation des populations acridiennes, l’achat de pesticides, de véhicules et matériels. Les traitements devraient donc démarrer d’ici fin octobre sur plus de 2 millions d’ha de terres infestées de criquets.

La Gazette

 

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article