Invaincu par l'adversité, il utilise une supercherie

Publié le par Alain GYRE

 99 Invaincu par l’adversité, il utilise une supercherie.

 

            Une fois, dit-on, le fils d’un homme riche et le fils d’un homme pauvre allèrent ensemble piéger des oiseaux.

            Le fils du pauvre en attrapa deux, celui du riche n’en attrapa aucun.

S’adressant alors au fils du pauvre, il lui dit : « Combien, les oiseaux que tu as attrapés ? Je te les achète. ».

Un marchandage s’en suivit et ils tombèrent d’accord pour deux bœufs.

 

            D’habitude, le fils du pauvre réussissait ses captures, et il repartit dans la campagne tendre ses pièges ; mais il n’attrapa rien et revint bredouille.

Or, revenu au village, voici que les bœufs qu’il avait troqués contre les oiseaux gisaient raides morts, le cadavre de l’un à l’intérieur du parc à bœufs, l’autre étendu au portail ; il en fut étonné et consterné.

 

Il donna alors à son père et à sa mère ces instructions : « Prenez la peau d’un bœuf, faites une bonne quantité de gâteaux de farine de riz, forgez-moi un couteau et procurez-vous une flûte. Quand vous aurez réuni ces objets, cousez moi avec tout cela dans la peau et donnez-lui l’allure d’un bœuf. Cela fait, portez ce mannequin de bœuf à la maison du riche et arrivés là, dressez-le, bien d’aplomb à l’angle des prières des ancêtres. En suite, invitez le maître de la maison à venir voir ce bœuf dont vous vanterez les qualités et vous direz au bœuf : « Chante donc, ô taureau à la belle voix ! »

 

Les parents portèrent donc le mannequin de bœuf comme leur fils le leur avait dit, puis arrivés à la maison, ils louèrent l’animal : « Oh ! que tu es beau ! Quelle élégance ! Tu es superbe ! Quelle prestance ! Quelle taille ! On ne se lasse pas de te contempler ! Que tu es bien paré ! Quelle merveille ! Chante un peu, ô taureau à belle voix ! » Et alors, le compère qui était dans la peau du bœuf se mit à jouer de la flûte. En entendant cela, le richard ne se sentit plus de joie et fut au comble de l’admiration. Il discuta du prix afin d’acheter ce bœuf. L’affaire fut conclue pour cent piastres et cent bœufs. Et les deux époux s’en revinrent chez eux avec l’argent et les bœufs.

Publié dans Contes sur la toile

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