Jean Razafindambo révèle ses « états d’âme »

Publié le par Alain GYRE

Jean Razafindambo révèle ses « états d’âme »

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Jean Razafindambo est à Madagascar pour présenter son recueil de lettres, livrant ses émotions sur sa terre natale

05.04.2014

 

Des commentaires, des critiques et des pistes de solutions abondent dans ce recueil riche de plus de 300 pages. A lire absolument.

 

«Lettres à mon pays, l’île de Madagascar : Mais où est-il parti ce meilleur de nous-mêmes  », c’est le recueil de textes que Jean Razafindambo, ancien journaliste, a publié en septembre aux éditions Burzano Consulting Limited à Ottawa, au Canada. Il est de passage au pays pour la quatrième fois. Contraint à l’exil, il a quitté le pays en 1984. Ce

« bel accident » l’a conduit au Canada, une terre qui l’a accueilli et l’a adopté et dont il est aujourd’hui fier d’en être le citoyen.

99 courriers composent ce recueil. Des courriers dont la plupart a été envoyé pour être publié dans L’Express de Madagascar, et ce, depuis 2002. Dès le titre, l’écrivain fait sentir cette distance qu’il met entre lui et son pays. En entrant progressivement dans ses écrits, cette distance se confirme quand ils

évoquent « les gens de Madagascar » en se référant aux Malgaches, jamais le nous « inclusif ». Ce dilemme, l’amour du pays, qu’il manifeste à coup de mots mais aussi cette distance qui surgit inconsciemment, qui déchire l’écrivain traverse le recueil.

Déracinement

L’ancien journaliste, fondateur du bimensuel Kolo à Mahajanga au début des années 80, partage ses « états d’âme » et « coups de gueule » dans ses lettres. Tantôt pessimiste, tantôt réaliste, il a su s’affranchir des blessures personnelles pour avoir le regard d’un observateur. Mais il lui arrive aussi d’avoir un ton désespéré. Ecrire pour Madagascar a été pour lui l’unique chemin pour guérir de cette blessure du déracinement. « Quitter Madagascar était une des plus difficiles décisions que j’avais à prendre de toute ma vie. Surtout que j’étais forcé par des circonstances apparemment économiques mais, somme toute, éminemment politiques à quitter mon pays de naissance », a-t-il concédé dans le mot de la fin.

Eduqué en malgache mais ayant suivi un enseignement en français, ce fonctionnaire en retraite du gouvernement canadien a choisi naturellement le français pour s’exprimer. « Le français, une fenêtre ouverte sur le monde, est devenu pour moi une grande porte de communication », explique l’auteur. Le format court de chaque lettre, son écriture fluide et les marques chronologiques rendent cet ouvrage facile et agréable à lire. La présentation du recueil est prévu se tenir dans le courant de la semaine prochaine.

Midi Madagasikara

Publié dans Revue de presse

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