Jeunesse malgache: Consciente de l’importance des us et coutumes

Publié le par Alain GYRE

Jeunesse malgache: Consciente de l’importance des us et coutumes       

Mercredi, 27 Novembre 2013

La communauté malgache est basée sur des codes de conduites groupés dans une entité de valeur culturelle appelée «soatoavina», nécessitant de la part de tout un chacun respect et entraide à autrui.

 

Le soatoavina garantit le respect d’une personne et confirme son importance dans la société. Malheureusement, les codes de conduites du soatoavina sont actuellement méconnus des jeunes malgaches, plus ouverts aux cultures d’ailleurs, faisant ainsi qu’ils sont en bonne voie de perdre leurs identités culturelles. Ce fait est plus palpable dans les grandes villes car il a été constaté que dans les brousses, les Malgaches ont pu garder quelques lignes des valeurs qui ont fait notre réputation dans le temps. La culture malgache accorde une place très importante aux aînés et à personnes âgées censées détenir la sagesse et les jeunes leur doivent respect et reconnaissance. A titre d’exemple, si un jeune voit une personne âgée porter un poids trop lourd, le jeune se doit de lui porter main forte bien que les deux personnes ne se connaissent pas. Et pourtant actuellement, voir un jeune aider une personne âgée  est hypothétique.

 

Le bus constitue souvent le théâtre du manque de respect de nos jeunes par rapport aux personnes âgées. Rares sont, en effet, ceux qui se lèveront pour donner une place aux personnes âgées ou à une femme enceinte ou qui porte un bébé. La question coule ainsi de source : est-ce à cause du stress ou de la pauvreté ? Dans la ville d’Antananarivo, le concept du chacun pour soi enterre peu à peu le légendaire «fihavanana» malagasy. Préoccupés par leurs propres soucis, les citadins sont indifférents aux problèmes des autres. Ce détachement et les nouvelles attitudes de la jeunesse actuelle ont creusé un grand fossé entre les générations. Les plus âgés n’ont de cesse de pointer du doigt les jeunes qui selon eux, ont un comportement inapproprié et indigne des Malgaches, tandis que les plus jeunes se bouchent les oreilles et n’en font qu’à leurs têtes. Pourtant si les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas réussi à acquérir l’importance du soatoavina, c’est peut-être parce que leurs aînés n’ont pas su transmettre l’importance de cette valeur culturelle.

 

Selon une enquête menée par le Cabinet COEF Ressource, seuls 5% des jeunes situés entre 15 à 20 ans pensent que le respect des us et coutumes n’est pas du tout important. Et plus les personnes enquêtées sont âgées, plus elles sont conscientes de l’importance des valeurs culturelles. 50% des jeunes entre 26 à 30 pensent que le respect de ces valeurs est très important. Ainsi, l’attitude de ces jeunes pourrait s’expliquer à travers le dicton «si jeunesse savais».

 

Yanne Lomelle

La Gaztte

 

 

Publié dans Revue de presse

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