Juan de Nova: Oil and GasY (bad) story

Publié le par Alain GYRE

Juan de Nova: Oil and GasY (bad) story       

Lundi, 07 Octobre 2013

(…Suite)

             Par Patrick Rakotomalala

 

            (Lalatiana Pitchboule)

 

Ce silence et l’inactivité diplomatique et économique actuels sur ce sujet des Eparses et de JDN devrait nous préoccuper : tant sur le plan politique intérieure (entretenir le nationalisme, est toujours de bon ton quand il s’agit de faire oublier ses propres bêtises) que sur le plan économique ou géopolitique, des postures fermement prises permettraient de mieux s’affirmer dans une négociation avec la France et les voisins. Le silence des dirigeants successifs sur ce sujet ne peut que prêter à soupçon.

 

Les jeux d’ombres sont pourtant là :« L'ex-ministre malgache des mines et des hydrocarbures Mamy Ratovomalala, qui avait milité pour la nomination de Bonaventure Rasoanaivo à la tête de l'Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omnis), perd peu à peu de l'influence sur son ancien poulain. Nommé en septembre dernier, Rasoanaivo se sert amplement de la nouvelle proximité entre sa sœur, Lalao Rasoanaivo, et la femme du chef de l'Etat Mialy Rajoelina pour avoir un accès direct au patron de la Haute autorité de transition (HAT). Lalao, qui est également directrice de la Radio nationale malgache » (Lettre de l’Océan Indien)… L’ancien dirigeant, Marc Ravalomanana, a été déboulonné sur le prétexte de dérives identiques. 

 

L’opacité douteusede ce dossier  interpelle d’autant  plus que les opérateurs offshorechouchoutent outrageusement les acteurs de l’administration malgache en charge du domaine pétrolier.Marcel Bernard, ministre des hydrocarbures, invitéd’honneur de dernière minute au sommet international du pétrole organisé par l’Institut Français du Pétrole (IFP) à Paris en mai 2012,  a eu l’honneur d’y faire tribune au même rang que le Secrétaire Général de l'OPEP, le Ministre de l'Energie des Emirats Arabes Unis ou le  Ministre de l'Energie et de l'Industrie du Qatar. Le PDG de Total,Christophe de Margerie,et son directeur Exploration en ont profité pour rencontrer le ministre malgache.Dans le même temps, le directeur de l'OMNIS,Bonaventure Rasoanaivo, se faisait dérouler le tapis rouge par l’américain Marex petroleum et le franco-nigérian Sapetro, titulaires de permis offshore sur le bloc malgache de Belo Profonddu champ Juan de Nova, qui l’ont invité à Houston pour prendre part à l'Offshore Technology Conference.

 

L’exploitation du territoire de Juan de Nova est, on le rappelle, controversée (voir le dossier Juan de Nova, du gaz dans l’eau entre Madagascar et la France). Objets de litiges entre la France, Madagascar, les Comores, Maurice, mais aussi le Mozambique qui revendiquent les uns et les autres  leurs souveraineté respective, les Zones Economiques Exclusives (ZEE) dessinées sur la région ne sont pas reconnues par les différentes parties. Des délimitations existent de manière théorique, utilisées par les opérateurs de la grande pêche pour la définition de leurs zones d’intervention et la gestion de leurs quotas, mais elles n’ont jamais fait l’objet d’aucun accord ni traité. Les permis de recherche sur Juan de Nova accordés par le ministère français de l’environnement sont caractérisés par des « limites séparatives entre la France et Madagascar à déterminer ». La ZEE française sur les éparses est elle-même définie(loi du 16 juillet 1976) « depuis la limite des eaux territoriales jusqu’à 188 miles marins au-delà de cette limite, sous réserve d’accords de délimitation avec les Etats voisins ».

 

Dans ces conditions, une déstabilisation de la région, reflet des conflits d’intérêts qui s’engageront en cas de découvertes majeures de gaz ou de pétrole, s’avère probable…. Pour peu que ces découvertes se confirment… Et que les intérêts et les enjeux soient réels.

 

… à suivre

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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