Juan de Nova : Oil and GasY (bad) story

Publié le par Alain GYRE

Juan de Nova : Oil and GasY (bad) story       

Mardi, 08 Octobre 2013

(…Suite)

Par Patrick Rakotomalala

 

(Lalatiana Pitchboule)

 

Enjeux supposés, enjeux réels, enjeux cruciaux …

 

Le prétendu spectre d’une proche pénurie d’énergies fossiles, la flambée des cours portée de manière supposée par la croissance des émergents, la crise financière et les enjeux de sécurité énergétique au regard de l’inquiétante instabilité d’un Moyen orient prêt à s’embraser, la remise en question du nucléaire et les coûts des énergies alternatives ont remis au premier plan l’exploitation des ressources non conventionnelles (offshore profond, huiles, lourdes, gaz de schiste) et rebattu les cartes de l’économie du pétrole.

 

La géopolitique mondiale en est bouleversée. Elle voit désormais les Etats Unis, grâce à une politique volontaire de développement de la filière gaz de schiste, viser l’autosuffisance à l’horizon 2017 et passer même du statut d’importateurs à exportateurs de gaz et de pétrole à terme. Ils y tirent un avantage économique prépondérant qui relance leur industrie chimique et transforme la vision de leur rôle sur la scène géopolitique mondiale en réduisant drastiquement  leur dépendance énergétique.

 

La Francea bien évidemment, de manière identique,des enjeux immédiats à sauvegarder à propos de potentiels supposés de Guyane ou de Juan de Nova :

 

1. L’amélioration de l’équilibre de sa balance commerciale : en ces temps où il fait bon de réduire les besoins d’emprunt à l’extérieur, dégager des excédents commerciaux en réduisant sa facture énergétique voire en exportant du gaz ou du pétrole est loin d’être anodin.

 

2. Une moindre dépendance stratégique et politique vis-à-vis de PARTENAIRES fournisseurs de gaz  parfois un peu trop  prompts au chantage énergétique, qui permettra de mieux négocier des positions diplomatiques (Russie ou l’Algérie).

 

3. Un meilleur ancragestratégiquesur l’échiquier européen en se positionnant en fournisseur d’énergie potentiel,en particulier vis-à-vis d’une Allemagne décidée à abandonner le nucléaire.

 

4. La disponibilité d’une énergie peu chère qui permettra des gains de productivité et une amélioration d’une  compétitivité - oh ! combien cruciale - quand il s’agit de remettre en question un modèle social dont la variable d’ajustement est le coût du travail, et le redéploiement d’une activité industrielle et chimique de 1er plan.

 

5. Des rentrées fiscales « substantielles »  sur le territoire administratif concerné (à ce sujet, il faut remarquer que quand  les pouvoirs malgaches se contentent d’un 1% de redevances pétrolières, les territoires français taxent la production à 12%).

 

- …  Et ce, sans préjuger des enjeux de géopolitique régionale.

 

Le gouvernement français assurait  à ce sujet en mai 2012  que les réserves pétrolières de Guyane pourraient permettre d'assurer à la France un approvisionnement important en hydrocarbures, à coût réduit par rapport aux prix du marché. "Ces réserves représentent un enjeu important pour la France en contribuant à réduire le déficit de la balance commerciale essentiellement lié aux achats de pétrole et de gaz et à améliorer la compétitivité de notre économie" déclarait la ministre française de l'écologie, du développement durable et de l'énergie. Et d'ajouter : "l'exploitation des gisements guyanais contribuera à libérer des marges de manœuvre budgétaires pour le financement de la transition énergétique."

 

Ici, si les potentialités se vérifient  autour des îles éparses, comme elles s’avèrent en Guyane, le visage de la France et sa place dans le monde ces prochaines années en seront profondément transformées. A la condition que les appétits réveillés chez les uns et les autres puissent être contrôlés.

 

Parce que des appétits« inopportuns » ne manqueront pas de s’éveiller : à propos des  découvertes de pétrole en Guyane française, le Brésil envisage d’étendre sa zone continentale. Cette extension, pour peu que les gisements s'étendent des deux côtés des ZEE françaises et brésiliennes, déclenchera un conflit de souveraineté entre Paris et Brasilia. Pourtant ici  des ZEE reconnues existent.

 

Publié dans Revue de presse

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