L’Inde à Madagascar. Une histoire ancienne

Publié le par Alain GYRE

L’Inde à Madagascar. Une histoire ancienne

(30-09-2014)

De partager un océan avec Madagascar fait du sous-continent indien un partenaire économique et culturel pas si éloigné que ça. Médicaments, textiles, bijoux ou matériel informatique, la route des Indes continue à être des plus florissantes pour les importateurs locaux.

 

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Madagascar abrite une population de plus de 15 000 personnes d’origine indienne, aux confessions les plus diverses : hindous, kohjas, bohras, sunnites, banians ou ismaéliens (ismailis). Cette communauté est répartie sur l’ensemble du territoire et participe activement à la prospérité économique du pays. Si l’Inde et Madagascar entretiennent des relations diplomatiques depuis 1954, c’est bien avant, au XIXe siècle, que cette population est arrivée dans l’île, conséquence directe de la colonisation anglaise du sous-continent - ces derniers poussaient volontiers les Indiens à émigrer dans les différentes îles de l’océan Indien, notamment La Réunion, Maurice et Madagascar.

 

Les personnes d’origine indo-pakistanaise sont désignées sous le terme de karana. A Antananarivo, elles ont élu domicile dans le quartier de Tsaralalana où elles exercent des activités relatives au commerce en tout genre : quincaillerie, textiles, pièces automobiles, bijouterie, cosmétiques, appareils électroménagers ou informatique. Sans oublier les médicaments, puisque que l’Inde fournit près de 60 % des médicaments génériques qu’on trouve dans nos pharmacies. L’Inde entend également contribuer au renforcement de l’éducation à Madagascar en octroyant chaque année dix bourses d’études à des étudiants et cent à des professionnels dans le cadre du programme ITEC (Indian Technical and Economic Cooperation.)

 

#AinaZoRaberanto

 

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En Bref

 

Superficie : 3 287 263 km2 (7e rang)

 

Population : 1, 237 milliard habitants (2e rang)

 

Espérance de vie : 66 ans

 

Produit intérieur brut (2014) : 1 750 milliards de dollars (11e rang)

 

Taux de croissance (2013) : 5 %

 

Devise : Roupie indienne (INR) : 1 MGA = 0,0248 INR

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Le sari

 

Choli le sari !

 

Porté par des millions d’Indiennes, on dit que le sari est le plus beau vêtement féminin du monde. Un vêtement traditionnel dont l’origine remonte à la nuit des temps – ses premières représentations en peinture date de 3 000 av. J.-C. Cette large bande de tissu de 1 m 20 sur 10 m de long est réalisée à partir d’une seule pièce en coton ou en soie; en effet l’hindouisme estime que les vêtements cousus sont signe d’impureté.

 

 Selon les régions, le sari se drape de différentes manières. Il se porte le plus souvent avec un choli, une sorte de bustier, et un jupon. Le nivi, le drapé moderne, est enroulé en spirale du bas vers le haut, composé d’un plissé sur le devant. Dans l’Est de l’Inde, les veshti sont enroulés autour de la taille pour ne couvrir que le bas du corps. Cette façon de porter le sari marque également l’appartenance ethnique et les castes. Mais pour la femme moderne, le salwar kameez est le plus répandu. Il est composé d’une tunique ou kurta à manche courtes qui couvre le haut du corps jusqu’au mollet, et d’un pantalon : ce dernier peut-être de coupe large ou salwar, droite ou parallel pants, ajusté et froncé sur les chevilles ou churidar, ou encore bouffant ou patiala. Un monument de charme et d e féminité.

 

#AinaZoRaberanto

 

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Cuisine

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La fête aux épices

 

 La cuisine indienne est bien présente dans le paysage malgache. Dans la capitale, des restaurants spécialisés comme l’Hôtel Brajas à Ambondrona ou l’India Palace proposent de les grands classiques de l’Inde comme le butter chicken ou le poulet tandoori. Croisements de goûts sucrés et salés, les plats sont régulièrement accompagnés d’une sorte de pain rond, le naan, souvent préparé avec du fromage (cheese naan).

 

 Les épices sont évidemment à la fête, avec tout ce qu’il faut, pour le poulet tandoori par exemple, de coriandre, garam masala (curry), curcuma, gingembre, paprika ou ail… Les paresseux peuvent toujours se rabattre sur la poudre tandoori toute faite qu’on trouve en grande surface. Le butter chicken ou poulet Makkhani est lui aussi accompagné d’une sauce très relevée, faite avec du garam masala, de la pâte d’ail et de gingembre, ainsi que de kasuri methi (feuilles séchées de fenugrec). Pour le dessert, c’est évidemment le kulfi, glace parfumée indienne, ou un bon lassi, boisson à base de yaourt parfumée (mangue, rose…)

 

#JoroAndrianasolo

 

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Cinéma

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Planète Bollywood

 

Aishwarya Rai, Shilpa Shetty, Vivek Oberoi… La vogue des films bollywoodiens, l’équivalent indien de Hollywood, n’épargne pas Madagascar. Le public n’est pas insensible à ces histoires à l’eau de rose où l’on pleure, rit, chante et danse à tous les étages. L’initiation se fait plutôt via les séries télé tout aussi appréciées que les telenovelas brésiliennes Et ce qui étonne, d’après les vendeurs et locateurs de dvd à

 

Analakely, c’est que ce ne serait pas les Indiens qui sont leurs principaux clients, bien qu’ils soient très nombreux à Madagascar. « De plus en plus de Malgaches m’achètent des films indiens et suivent de près l’actualité de Bollywood », constate Henri, un vendeur ambulant de CD du côté d’Ambodifilao Analakely. « On peut les regarder en famille. Ce qui n’est pas le cas des films américains qui sont bourrés de scènes de violence ou érotiques », estime Fanja, une mère de famille grande consommatrice de blockbusters indiens. Pour une meilleure diffusion de ce cinéma, un protocole d’accord a d’ailleurs été signé en mai dernier entre l’un des plus grands producteurs bollywoodiens et l’Office malgache du cinéma.

 

#SolofoRanaivo

 

 

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www.moov.mg

Publié dans Revue de presse

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