Conte: L'oie

Publié le par Alain GYRE

 

L’oie

 

Voici une petite légende sans prétentions, mais qui peut donner à réfléchir à celui dont le beau-père est borgne.

L’oie est un oiseau de basse-cour dont les petits disent : « Gila, gila », dont la mère imite le ton du hovalahy en colère en faisant « Ch… » quand elle veut imposer le calme.

Un borgne maria sa fille à un éleveur du village. Le nouveau gendre père rendit visite à sa fille. Le gendre était en train de donner à manger aux oisons ; la femme pilait le riz à côté de lui. Le beau-père s’assit en face de son gendre. Les oisons criaient naturellement « Gila, gila ». or le mot « gila » veut dire « aveugle ». rappelez-vous que le beau-père était borgne. Le gendre prit donc l’affaire au sérieux et crut qu’ils se moquaient du brave homme. Et pour corser le tout, la mère oie se mit à allonger le cou, à poser sa tête sur le sol en criant : « Chut… » comme pour imposer le silence à sa turbulente marmaille. Les oisons criaient de plus belle. Alors le pauvre gendre se mit en colère, et pour venger son beau-père de cet affront, il saisit les oisons, les jeta à terre et en tua trente.

La femme cesse de piler, accourt toute en sueur, toute suffocante ; elle gronde le mari brutal. L’homme réplique ; sa rage monte. Les coups de poing, les cris, les pleurs se succèdent alors.

Le beau-père rentra chez lui, n’ayant rien compris au comportement des deux époux.

Après le départ du bonhomme borgne, le mari expliqua à sa femme pourquoi il avait tué les oisons.

« Bé, zany foana mô ziny »  (1), dit la femme en riant. Mais pourquoi ne me l’avoir pas dit plus tôt ? ajouta-t-elle.

Voilà la légende, et voici la moralité :

« Epoux, ne vous battez pas pour des oisons ».

 

(1)   Bé, zany foana mô ziny : veut dire en dialecte Tsimihety « Ah, était-ce uniquement cela ? »

 

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