l'Ondine

Publié le par Alain GYRE

150 L'Ondine (1).

(Betsimisaraka)

 

On raconte qu'un Betsimisaraka étant allé pêcher sur le bord de la rivière, ramena au bout de sa ligne une ondine merveilleusement belle à la peau blanche et aux longs cheveux noirs.

 

l'Ondine

Cette femme vivait dans l'eau et se nourrissait de poisson cru :

« Je t'épouserai, dit-elle au pêcheur, et habiterai avec toi à condition que tu ne révèles jamais mon origine. »

Le mariage se fit (2)

La femme vivait sur terre comme si elle était une femme ordinaire.

De ce mariage naquirent quatre enfants, deux garçons et deux filles.

Un jour que le Betsimisaraka était ivre de rhum, on lui demanda comment un pauvre pêcheur comme lui avait pu épouser une femme si belle.

Il raconta de quelle façon s'était fait le mariage, et dévoila l'origine de sa femme.

Dès que la fille des eaux apprit cela, elle abandonna son mari et retourna dans la rivière.

Les filles la suivirent et devinrent ondines comme elle.

Les fils restèrent avec leur père. Ils ont fait souche; et on appelle leurs descendants Zafimarano (les fils de l'eau). Il en existe encore à Tamatave


(1) Le texte de ce conte m'a été dicté par une femme Betsimisaraka de Tamatave de la famille des Zafimarano, les descendants de l'ondine.

(2) Le mariage chez les Malgaches n'implique nullement chez les contractants l'intention de vivre en commun en vue de constituer une famille. Le caprice des conjoints y préside seul le plus souvent, et le divorce les sépare lorsque la cohabitation leur est devenue à charge. Telle femme ayant eu des enfants de trois premiers maris, vit avec un quatrième; et elle s'en séparera ou sera quittée par lui, puis convolera une cinquième fois sans que ses proches y voient le moindre sujet de blâme.

Contes populaires malgaches

Recueillis, traduits et annotés par

Gabriel FERRAND

Editeur : E. Leroux (Paris) 1893

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