L'origine du tabac et de l'arbre à vahajo.

Publié le par Alain GYRE

238 L'origine du tabac et de l’arbre à vahajo.
Recueilli à Vangaindrano
(province de .Farafangana)

 

II existait, dit-on, une femme appelée Lahamana qui s'était mariée à un homme du même village.

Quelque temps après, ayant demandé le divorce à son mari elle s'établit dans un autre village et se livra à la débauche comme une « tsimirira car, disait-elle, je veux être mangée par tout le monde.

Pendant longtemps elle refusa toutes les demandes en mariage qui lui étaient faites.

Or, un jour, un des prétendants qu'elle avait éconduit se mit en colère et l'ensorcela Lahamana devint lépreuse.

Désolée, elle alla trouver un vazaha (1), lui expliqua sa triste situation et lui offrit quatre piastres en lui disant :

«J'ai envie d'être mangée par tout le monde, mais je ne sais guère appétissante étant malade. »

Le vazaha prit l'une des quatre piastres et lui donna en échange deux petites graines.

« Rentrez chez vous, lui dit-il, prenez soin de ces deux graines et soyez certaine que
vous serez toujours mangée par les hommes. »

Arrivée dans sa maison, Lahamana mit les deux graines dans son étry.

Quelques années après, Lahamana mourut,

les deux graines se mirent à pousser à l'en-droit où se trouvait sa case; les gens du
village très étonnés en voyant ces plantes étranges voulurent les arracher; mais l'un d'eux qui avait vu la même espèce de plante chez un vazaha, dit :

« Laissons-les grandir car elles produisent de bons fruits, l'un s'appelle dobako (tabac)
et l'autre vahajo. »

Depuis ce temps, on mangea le tabac et le vahajo.

Lorsque le priseur en demande à son voisin, il emploie toujours l'expression suivante :

« mbao omeo aho Lahamana hianao  (donnez-moi, si vous en avez, du Lahamana) »

 

Telleestl'originedutabacetduvahajod'aprèsceconteantaisaka.

 

(1) Un étranger, un blanc.

 

Contes de Madagascar

Charles RENEL (1866 – 1925)

Librairie Ernest LEROUX

PARIS

 

Publié dans Contes de Madagascar

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article