L'union européenne ouvre le robinet

Publié le par Alain GYRE

L'Union européenne ouvre le robinet

Cinquante-quatre millions d'euros sont accordés par l’Union européenne pour appuyer la population vulnérable. Deux autres millions serviront à soutenir le processus électoral.

Une bouffée d'oxygène pour la Transition. L'Union européenne accorde le déblocage d'une partie du fonds destiné au programme social et une autre pour appuyer le processus électoral.
Le Comité de paix et de sécurité, sous la houlette de la direction en charge du développement à l'Union européenne, a donné un avis favorable au décaissement des deux millions d'euros pour les élections, hier à Bruxelles. La veille, dans le cadre du Fonds européen de développement, le comité technique a également accepté le déblocage de 54 millions sur les 100 millions d'euros, dont le décaissement dépend de la mise en œuvre de la Feuille de route.
Cette dernière enveloppe est prévue pour appuyer les services sociaux de base. Vingt-deux millions sont destinés à l'éducation, autant d’euros pour la santé et les 10 derniers millions sont destinés à appuyer la société civile.
Pour l'appui à l'organisation des élections, il ne reste plus que la décision de la Commission européenne, mais en principe, celle-ci ne devrait être qu'une formalité. Il reste à mettre en branle la procédure de déblocage du fonds, prélevé sur la caisse de stabilité, ce qui peut prendre près de deux mois.

Signal fort

Le 1,6 million d'euros est destiné aux structures de la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT). Le reste servira à financer le volet sensibilisation et éducation des citoyens, en collaboration avec la société civile.
Béatrice Atallah, présidente de l’organe chargé de préparer et d'organiser les élections, se réjouit de la nouvelle. « Bravo! », s'exclame-t-elle en apprenant la décision de l'Union européenne. « Nous sommes sur la bonne voie concernant les préparatifs électoraux », signale-t-elle.
Derrière la somme allouée, c'est la décision politique d'appuyer le processus électoral qui se révèle. L'Union européenne avait conditionné son aide par la publication d’un calendrier électoral précis par la CENIT. Certes, cette dernière n'a pas pu se conformer à la demande,  mais elle avait envoyé un signal fort en s'alignant sur les recommandations des experts des Nations unies pour l'organisation de scrutins en mai-juin 2013.

À la lecture des événements, la dynamique de l'accompagnement du processus par la communauté internationale est en marche. Béatrice Atallah ne souhaite pas s'étaler sur la position de certains acteurs de la vie nationale qui insistent sur la tenue des premières consultations populaires avant novembre. « Chacun a le droit d'exprimer son opinion », se contente-t-elle de répondre.
Le Premier ministre Omer Beriziky, qui avait plaidé la cause de la CENIT en rencontrant Andris Piebalgs, commissaire en charge du développement à l'Union européenne, le 2 juillet, insiste sur les élections en 2013.
« Ces approbations (...) résultent de l'annonce de la tenue des élections à partir de mai 2013, conformément au rapport des Nations unies. Il est donc utile pour nous de suivre les directives de l'ONU en la matière », insiste-t-il alors qu'Andry Rajoelina, président de la Transition, insiste sur des législatives organisées en novembre. « Nous n'avons aucun intérêt à aller à l'encontre de la proposition onusienne aussi bien pour le calendrier électoral que le jumelage des scrutins », conclut-il.

Conclave attendu des experts
La CENIT enclenche la vitesse supérieure dans les préparatifs électoraux. À entendre Béatrice Atallah, un « conclave des experts aura lieu bientôt ». Elle indique qu’elle a adressé une lettre aux Nations unies et à l'Organisation internationale de la Francophonie pour l'envoi d’experts électoraux afin de faire une « évaluation à mi-parcours ».
A l'allure où vont les choses, la réunion devra déboucher sur la publication conjointe du calendrier électoral par la CENIT et les Nations unies, comme le précise la Feuille de route. La rencontre servira à confirmer les recommandations onusiennes et non plus à discuter sur la faisabilité de l'organisation des scrutins en novembre.
Toujours selon Béatrice Atallah, les Nations unies ont déjà répondu et leurs experts électoraux devront débarquer « bientôt ». Elle confie également que des discussions se poursuivent entre Fatma Samoura, représentante-résidente du Programme des Nations unies pour le développement et coordinatrice du Système des Nations unies, et elle. Les deux parties devront se rencontrer dans les prochains jours pour évoquer la suite de la collaboration entre la CENIT et les Nations unies.

Iloniaina Alain

Samedi 14 juillet 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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