La Banque mondiale approuve une aide d'urgence pour la santé et la sécurité alimentaire à Madagascar

Publié le par Alain GYRE

La Banque mondiale approuve une aide d'urgence pour la santé et la sécurité alimentaire à Madagascar

(28-02-2014

 Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé jeudi des financements d'urgence destinés à aider Madagascar à assurer la sécurité alimentaire de 13 millions de personnes victimes des invasions de criquets et de la sécheresse.

 

"En raison de la convergence de plusieurs facteurs (crise politique, sécheresse, invasion acridienne, pauvreté extrême), il est de plus en plus difficile d'assurer la sécurité alimentaire des personnes les plus pauvres de Madagascar. Nombre d'entre elles ne font qu'un seul repas quotidien, d'autres ne peuvent même pas manger tous les jours", explique Haleh Bridi, directrice des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar. Face à cette situation, la Banque mondiale, en vertu de son mandat, se devait de prendre des mesures d'urgence.

 

Le premier des deux projets approuvés par la Banque permettra de rétablir et de préserver les moyens de subsistance des 9 millions de Malgaches qui tirent leurs revenus de l'agriculture et subissent de plein fouet les conséquences de catastrophes naturelles à répétition. D’un montant de 65 millions de dollars, le crédit de l’IDA alloué au Projet d’urgence pour la sécurité alimentaire et la protection sociale sera consacré en priorité aux régions touchées par une invasion massive de criquets et par la sécheresse.

 

Cette opération permettra d'aider les plus pauvres de ces familles à accroître leur résilience, grâce à des filets sociaux qui viendront compléter les activités plus traditionnelles menées en faveur du développement agricole et rural.

"Ces interventions pourraient aider plusieurs millions de petits agriculteurs et de consommateurs urbains pauvres, tout en ramenant à des niveaux raisonnables la dépendance aux importations alimentaires", affirme Ziva Razafintsalama, chef d'équipe du projet. Elles permettront également de créer des emplois à court terme, sous la forme de programmes de travaux rémunérés, et d'autres dispositifs de transferts en espèces qui offrent aux groupes les plus vulnérables un filet de protection sociale temporaire.

 

Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a également approuvé un financement d'urgence qui viendra renforcer les efforts déjà mis en œuvre par le pays dans le domaine de la nutrition en étendant l’accès à des services essentiels à 687 000 personnes supplémentaires (femmes enceintes ou allaitantes et enfants de moins de cinq ans). D'un montant de 10 millions de dollars, le nouveau crédit est alloué à une opération déjà existante, le Projet d'appui d’urgence aux services essentiels en matière d’éducation, de santé et de nutrition. Ce sont désormais 2,6 millions de personnes au total qui bénéficieront de services de nutrition dans le cadre de ce projet.

« Quatre-vingt pour cent des 22 millions d'habitants de Madagascar vivent dans la pauvreté absolue, soit avec moins de 1,25 dollar par jour, et beaucoup sont touchés par la faim et la malnutrition », indique Jumana Qamruddin, chef d'équipe du projet. « Ce financement est absolument essentiel pour empêcher que la détérioration de la sécurité alimentaire n’entraîne une crise humanitaire.

 

Le projet sera en mesure de financer 837 sites de nutrition communautaires supplémentaires situés dans les régions du pays qui sont le plus touchées par l'insécurité alimentaire — Vakinankaratra, Itasy, Haute Matsiatra et Amoron‘i Mania — ainsi que dans les districts de Betioky et Ampanihy, dans l'Atsimo Andrefana, d'où est partie l'invasion de criquets pèlerins.

 

Solofo Andrianjakarivelo

 

© TGN

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article