La banque mondiale au chevet des victimes de criquets

Publié le par Alain GYRE

 

La banque mondiale au chevet des victimes de criquets

 

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65 millions de dollars. C’est le montant du crédit de l’IDA* au Projet d’urgence pour la sécurité alimentaire et la protection sociale à Madagascar. Les régions touchées par l’invasion massive de criquets et par la sécheresse seront les premiers bénéficiaires de ce financement d’urgence. L’opération devrait permettre aux familles les plus démunies d’accroitre son endurance, grâce à des filets sociaux qui viendront compléter les activités plus traditionnelles menées en faveur du développement agricole et rural.

 

« En raison de la convergence de plusieurs facteurs (crise politique, sécheresse, invasion acridienne, pauvreté extrême), il est de plus en plus difficile d'assurer la sécurité alimentaire des personnes les plus pauvres de Madagascar. Nombre d'entre elles ne font qu'un seul repas quotidien, d'autres ne peuvent même pas manger tous les jours, explique Haleh Bridi, directrice des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar, sur les raisons qui ont poussé la Banque mondiale à débloquer ce crédit.

 

« Ces interventions pourraient aider plusieurs millions de petits agriculteurs et de consommateurs urbains pauvres, tout en ramenant à des niveaux raisonnables la dépendance aux importations alimentaires. Elles permettront également de créer des emplois à court terme, sous la forme de programmes de travaux rémunérés, et d'autres dispositifs de transferts en espèces qui offrent aux groupes les plus vulnérables un filet de protection sociale temporaire » , rajoute Ziva Razafintsalama, chef d'équipe du projet.

 

Un autre financement d’urgence de 10 millions de dollars a également été approuvé par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale. Celui-ci viendra renforcer les efforts déjà mis en œuvre par le pays dans le domaine de la nutrition en étendant l’accès à des services essentiels à 687 000 personnes supplémentaires (femmes enceintes ou allaitantes et enfants de moins de cinq ans). La somme sera attribuée au Projet d'appui d’urgence aux services essentiels en matière d’éducation, de santé et de nutrition. Avec ce nouveau financement, 2,6 millions de personnes en seront dorénavant bénéficiaires.

 

« Quatre-vingt pour cent des 22 millions d'habitants de Madagascar vivent dans la pauvreté absolue, soit avec moins de 1,25 dollar par jour, et beaucoup sont touchés par la faim et la malnutrition », indique Jumana Qamruddin, chef d'équipe du projet. « Ce financement est absolument essentiel pour empêcher que la détérioration de la sécurité alimentaire n’entraîne une crise humanitaire. »

 

*L’Association internationale de développement accorde des dons et des crédits sans intérêts aux pays les plus pauvres. Ces derniers disposent d’un délai de remboursement de 30 ans qui ne commence qu’après 10 ans de l’attribution de l’argent.

Publié dans Revue de presse

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