La mort de la mère de Mahaka

Publié le par Alain GYRE

La mort de la mère de Mahaka.

 

Il arriva que la mère de Mahaka mourut, mais malgré les nombreux larcins qu’il commettait, Mahaka n’était pas riche et ne possédait pas de bœufs.

            Or, il est indispensable, pour célébrer dignement des funérailles de sacrifier au moins un bœuf.

            Mahaka n’était jamais à court d’idées et il trouva un moyen de se sortir de cette situation difficile. Il plaça le corps de sa mère derrière la porte en lui mettant entre les mains des fibres de zozoro, comme si elle était en train de tresser une natte. Puis il alla rejoindre Kotofetsy.

            Ils rencontrèrent deux hommes qui conduisaient des bœufs. Les bouviers étaient de passage et désiraient s’arrêter dans une case pour se reposer et faire cuire leur riz.

            Mahaka leur proposa la sienne et leur dit :

            -Vous n’aurez qu’à pousser la porte, qui n’est pas fermée, et entrer ; ma mère vous recevra.

            C’est ce que firent les bouviers mais, lorsqu’ils poussèrent la porte, le corps de la vieille tomba. Mahaka arriva en poussant des cris et en déclarant qu’ils venaient de tuer sa mère.

            -Ah ! se lamentait-il… elle était en si parfaite santé lorsque Kotofetsy et moi l’avons quitté tout à l’heure. Elle était justement en train de faire une natte. Tenez, elle a encore le zozoro entre les doigts.

            Il alla se plaindre au Chef du village :

-Puisqu’ils ont tué, dit-il, ils doivent être tués aussi… à moins qu’ils me donnent des bœufs en compensation. A cette condition, je veux leur laisser la vie.

            Le Chef du village trouva que cela était fort juste et les hommes acceptèrent aussitôt la proposition car, dirent-ils : « La vie est douce et il vaut mieux la garder que de garder des bœufs ».

            Mahaka put offrir un magnifique « sikafare » à ses invités pour les funérailles de sa mère et personne dans le village, ne fut dupe de la ruse. Cependant, on n’y trouva pas à redire et chacun admira, au contraire, l’habilité et le génie astucieux de Mahaka.

 

Les contes de la Grande Ile

Par Jean Benjamin Andrianirina

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