La Nationale 4 se dégrade de jour en jour

Publié le par Alain GYRE

La Nationale 4 se dégrade de jour en jour

L’un des passages dangereux sur la RN4 avant le parc national d’Ankarafantsika

Emprunter la route nationale reliant Antananarivo à Mahajanga s’apparente à un cauchemar, surtout après Maevatanàna. Sa réhabilitation est plus qu’une nécessité pour les usagers. Il y va de la sécurité, car le moindre nid-de-poule devient un piège pour les automobilistes.

La période des vacances approche et les visiteurs ainsi que les estivants se préparent à partir prendre quelques semaines de repos. Mahajanga est la première destination choisie par les nationaux, après la capitale. Par ailleurs, la plupart des Tananariviens fuient le froid glacial et redoutent aussi la pluie de la capitale betsimisaraka.
Toutefois, la Route nationale n°4 (RN4), reliant Antananarivo à Mahajanga, n’a pas gardé son aspect originel et initial. De nombreuses petites tranchées et des nids-d’autruche constellent la chaussée surtout, après Maevatanàna. La portion de la RN4 la plus touchée commence à la zone limitrophe de la région Boeny à partir d’Andranomamy.
La ligne droite de la digue d’Ankazom­borona, située au PK 482 et longue d’environ un kilomètre, Ankarafantsika, Tsaramandroso au PK 426, à 14 km avant Ambondromamy, à partir d’Antongomavo, le village du charbon, et Amborondolo sont les plus affectés par cette dégradation de l’infrastructure routière.
Les chauffeurs devront faire preuve d’une grande prudence, car l’apparition des trous est un fait imprévisible. Des petites tranchées, des fissures et des affaissements, ainsi que des craquelures sont observés sur une vingtaine de kilomètres avant Ambondromamy, situé à 163 km de Mahajanga.
A l’entrée du village d’Ankafarantsika, à une dizaine de kilomètres avant le parc national, un véritable danger guette les véhicules. De grands nids-de-poule recouverts d’eau stagnante barrent la voie. En fait, à l’origine, un petit éboulement de terre rouge a bloqué la chaussée. Mais par la suite, les eaux de ruissellement s’y sont répandues et ont sapé le revêtement de bitume. En tout cas, cette portion s’avère très périlleuse pour les conducteurs non prévenus.
À Ambalabongo, à 46 km avant Maevatanàna, les dégâts, dus au déversement d’un ruisseau né d’activités d’exploitation de gisement d’or, ont été réparés du temps du ministre des Travaux publics Eric Razafimandimby.
Accidents
Les travaux d’élagage remontent certainement à l’année dernière, car les buissons sont très hauts. Aucune visibilité n’est possible et cela pourrait augmenter le risque d’accidents.
Les bornes kilométriques et les panneaux de signalisation sont détruits, voire vandalisés. Tandis que les marquages au sol ne sont plus visibles. Tout cela tend à penser que les travaux d’entretien de cet axe national important n’ont jamais été initiés, cette année. Les usagers en payent le prix avec la série d’accidents ayant causé la perte de vies humaines et des dégâts matériels.
Par ailleurs, à 3 km avant l’entrée de Maevatanàna, le tronçon qui s’était affaissé et qui avait engendré des accidents mortels vient de nouveau de s’effondrer. Les voitures devront donc ralentir : un piège dangereux menace les imprudents.
Il existe, toutefois, de bonnes nouvelles pour les usagers de la RN 4. Le pont, qui était en état de délabrement, a été finalement réparé, dimanche dernier, par les techniciens des travaux publics. Le trou béant a été bouché.
Lors de notre passage, les responsables étaient encore en train de procéder à des travaux de réparation. Fini donc le cauchemar pour les chauffeurs. La direction régionale des Travaux publics aurait immédiatement réagi, à la suite des articles parus le lundi 9 juillet et le mardi 17 juillet.
De même, l’accès au nouveau pont Bailey a aussi reçu quelques aménagements. Le franchissement de l’ouvrage métallique par les petites voitures est maintenant facilité. Un dallage et des tôles ont été mis en place aux deux bouts de la passerelle. En fait, Les estivants et les touristes étaient déjà très nombreux, dimanche, à passer ce pont provisoire.
Encombrement les jours de marché
La circulation sur la Route nationale 4 est très dense durant les marchés ruraux. De fait, chaque commune rurale et chaque village riverains ont leur jour de marché. La chaussée est dès lors envahi par toute une nuée de marchands. Ce qui provoque le quasi blocage de la route.
Ainsi, Ankazobe a son marché du lundi, tandis que le jeudi est choisi par Anjiajia. Celui d’Andranomamy tombe tous les vendredis, comme pour Ampanotokana pour la vente de bovidés. Si Ambondro­mamy et Mahitsy ont opté pour le samedi, Antanimbary consacre le dimanche pour le marché hebdomadaire.
Au crépuscule et à l’aurore, c’est au tour des zébus d’accaparer la voie. Les bêtes surgissent de nulle part sans qu’on ait le temps de les voir. Les bouviers les laissent vagabonder au beau milieu de la route. La prudence et la précaution sont de mise en empruntant la RN4.
En ce qui concerne la sécurité, des postes avancés de la gendarmerie nationale assurent les contrôles et les patrouilles dans les villages. Au moins, une voiture, surtout les taxis-brousse, seront arrêtés et contrôlés plus d’une quinzaine de fois avant d’arriver à la destination finale. Ce qui provoque finalement l’irritation des voyageurs.
Des modérateurs de vitesse
Plusieurs casseurs de vitesse, ou dos-d’âne, sont implantés le long de la RN4, en particulier après Maevatanàna. Ce, afin d’éviter les excès de vitesse car de nombreux accidents mortels y ont été constatés, il y a longtemps.
Au départ de Mahajanga, une paire de ralentisseurs de vitesse sépare la chaussée au niveau de la commune rurale de Tanambao Andranolava. Elle se trouve à environ 60 km de Mahajanga. Ensuite, à Marosakoa, l’on observe également une autre paire, ainsi qu’à Tsaramandroso, PK 426, Ambondromamy, Ambalanjano­komby, près du pont Manombotromby.

Vero Andrianarisoa

Mardi 24 juillet 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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