La vieille Rangory.

Publié le par Alain GYRE

500 La vieille Rangory.

            La vieille Rangory était une sorcière réputée dans le village.

            Tous les jeunes hommes et les jeunes filles qui voulaient voir leur désir ou leur souhait exaucé allaient la voir.

            Sa sorcellerie ne faisait du mal qu’aux personnes qui la consultaient.

Un jour, une jeune fille, Kalomora, souhaitait devenir l’épouse d’un homme riche d’un village voisin : Rampanarivo.

Kalomora se rendit chez Rangory et lui dit :

« Je désire devenir la femme de Rampanarivo, mais je ne veux pas devenir sorcière.  On dit que si on utilise votre talisman, votre gris-gris, on devient sorcière. »

 « Oui, c’est la loi de la sorcellerie. », répondit Rangory, la sorcière.

« Il te faut payer le double du prix si tu veux échapper à la loi. »

« C’est d’accord, je paie le double, je ne veux pas devenir sorcière », répondit Kalomora.

Alors, Rangory lui donna le gris-gris et la jeune fille reparti.

De retour chez elle Kalomora utilisa le talisman.

Elle devint la femme de Rampanarivo.

Un an plus tard, le couple donna naissance à un joli bébé, une petite fille : Zanakalo.

Kalomora pensa alors que Rangory ne lui avait pas menti, car jamais elle ne sortait la nuit comme le font toutes les sorcières.

Mais, malheureusement, dès que minuit sonnait, le bébé  pleurait, pleurait, il ne cessait de pleurer qu’à l’aube.

Et chaque jour, à minuit, il recommençait à pleurer, c’était tous les jours comme cela.

Vers huit mois, Zanako commença à marcher à quatre pattes.

A minuit, elle se dirigeait vers la porte, et là, elle pleurait, pleurait jusqu’à l’aube

C’était tous les jours la même scène…

Les parents étaient très inquiets.

A un an, Zanako marchait.

A minuit, comme tous les jours, elle se dirigeait vers la porte et pleurait, pleurait.

Alors les parents ouvraient la porte. Zanako sortait et se dirigeait vers le tombeau.

Et là malheur, Zanako montait sur le tombeau, dansait, criait, chantait des chants bizarres et faisait des grimaces comme une sorcière.

Rampanarivo s’étonna.

« Etes-vous descendante d’une sorcière ? » demanda-t-il à sa femme.

« Non, non » répondit-elle.

« Et pourquoi, tout cela est arrivé ? C’est à cause de vous ! »

Kalamora eut honte, elle avoua qu’avant leur mariage, pour l’épouser elle était allée chez Rangory, la sorcière.

Le mariage fut rompu.

Rampanarivo garda sa fille, la soigna en l’amenant à l’église.

Elle guérit.

 

A présent, il reste toujours des descendants de Rangory, la majorité des sorcières s’est convertie, nombreux sont chrétiens.

 

Jeunes gens, méfiez-vous des sorcières et de la sorcellerie, c’est dangereux !

 

Ce n’est pas moi qui ment, c’est mon père qui m’a raconté ce conte

 

Recueilli auprès de Madame Elisabeth Ratoandromanana d’Ambohitrarahaba

 

Publié dans Contes sur la toile

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