La Ville des Mille bâtit son futur

Publié le par Alain GYRE

Urbanisme: La Ville des Mille bâtit son futur

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La maîtrise de la croissance urbaine constitue un des défis de la ville d’Antananarico

Les défis posés par la croissance urbaine ont été abordés par un panel d'intervenants dans le cadre des conférences autour d’« Antananarivo, tranches de ville ». Aucun sujet n’a été omis, en vue du développement de la capitale.

La ville d'Antananarivo a été au centre de l'événement Antananarivo, tranches de ville qui se tient depuis le 5 mars à l'IFM Analakely. Parallèlement à cette exposition, une série de conférences a abordé les questions sur le développement urbain, les 18, 19 et 20 mars. Occasion pour rappeler les défis posés par la croissance urbaine.
Antananarivo, capitale économique et administrative de Madagascar, compte actuellement 3 millions d'habitants. L'arrivée de 100 000 personnes chaque année provoque des tensions sociales et des frustrations. Cette croissance urbaine n'est pas suffisamment accompagnée par des équipements et des aménagements adéquats afin d’assurer à la population des conditions de vie décentes.
Dans la partie Politiques de la ville à Antananarivo, les interventions ont soulevé les problèmes d'assainissement, la gestion de la mobilité urbaine, la gestion des marchés et la politique de l'habitat. L'ONG Enda-OI, qui œuvre pour la gestion des services urbains de base, a évoqué les différents problèmes d'assainissement des quartiers défavorisés, zones d'intervention de l'ONG.
Dans les volets « assainissement liquide et solide » et « habitat social », l'organisation accompagne les habitants pour leur permettre d’avoir accès aux latrines (familiales ou publiques). Elle les soutient aussi dans la formalisation de la vidange manuelle. Autres actions : mise en place de bacs à ordures intermédiaires, curage des canaux, gestion des ordures ménagères, et gestion même des sites par les communautés concernées.
En répondant aux questions de l'assistance, Diana Seydi, directrice exécutive d'Enda Madagascar a soulevé les enjeux du foncier et l'intégration de la population pauvre dans l'accès à un cadre de vie décent. Autant de défis de la croissance urbaine auxquels devraient s'atteler les responsables politiques pour qu'ils ne se traduisent en une sorte de dévalorisation des quartiers et de leurs habitants.
Mobilité
Dans le cadre de la gestion de la mobilité urbaine et des artères de circulation, Nomenjanahary Hanitriniony Andriamisaina, directeur des Déplacements urbaines auprès de la commune urbaine d'Antananarivo, a présenté un aperçu des mesures visant à améliorer la mobilité urbaine dans la capitale : gestion dynamique des parkings, assainissement du réseau, refonte des itinéraires, mise en place des instruments juridiques adéquats,...
Lors de son intervention sur la gestion des marchés, Gael Fetraniaina Raserijaona, sociologue chargé de mission transport urbain auprès de l'Institut des métiers de la ville, est revenu sur l'historique des marchés depuis l’époque du roi Andrianampoinimerina. Afin de mettre en lumière la fonction sociale de cet espace public, il a réitéré que le marché « est un élément structurant du développement urbain, un lieu d'échanges commerciaux et sociaux, mais aussi un endroit de construction d'identité sociale ».


Un historique des marchés d'Antananarivo
Les marchés, ou « Tsena », datent du temps d'Andrianampoinimerina. À Antananarivo, le premier marchél s'est installé à Ambohitsorohitra, est déplacé à Antaninarenina avant de descendre à Analakely avant la colonisation. En 1926, les pavillons d'Analakely font leur apparition. Jusqu'en 1996, le marché du zoma était un marché multifonctionnel (gros, demi-gros, détails).
Antananarivo compte environ 15 marchés communaux sans compter les marchés de quartiers. Cet historique vient apporter des éléments d'éclairage sur les tensions générées par le réaménagement de cet espace public qu'est le marché. Il met l'accent également sur l'enracinement d'une culture des marchés dans l'histoire et sa fonction sociale qui dépasse largement le cadre des échanges commerciaux.

Le projet Mahamasina-Anosy
Parmi les projets urbains en faveur du développement économique et social de la commune urbaine d'Antananarivo, le projet Mahamasina-Anosy mise surtout sur la valorisation des infrastructures existantes, dont le sous-gradin du stade de Mahamasina. Dans un souci de valorisation, cet endroit est appelé à devenir des espaces commerciaux et de locaux pour bureaux. Le projet vise à faire de cette zone un pôle d'activités économiques et sociales urbaines fonctionnelles.

Mobilité urbaine à Antananarivo
4,2 millions de déplacements par jour dont
66,6% : à pied
24,1% : transport en commun
5,9% : voiture particulière
2,2% : deux-roues
1,2% : taxi
La concentration du trafic connaît son pic au niveau du tunnel Analakely avec une moyenne de 32 150 voitures par jour, mais la mobilité piétonne reste significative.

Domoina Ratsara

Samedi 23 mars 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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