Lavage de voiture: Un tremplin

Publié le par Alain GYRE

 

Lavage de voiture: Un tremplin       

Vendredi, 09 Mai 2014

Seaux d’eau par terre, éponges en main et morceaux d’étoffe sur l’épaule, bas du pantalon retroussé et le tee-shirt troué, c’est généralement dans cet état que les laveurs de voitures se présentent.

 

Et ils sont tout de suite reconnaissables à mille lieux à la ronde. Pour attirer plus de clientèle, ils se doivent d’être bavards. Plus bavards que ces braves garçons qui ont choisi ce dur métier au lieu d’aller mendier ou voler.

 

La rue offre une partie visible non négligeable de la force totale du travail délivré par les enfants. Si la proportion d’enfants des rues varie grandement selon les pays, les provinces ou même les villes, les petits métiers exercés sont partout les mêmes, sur tous les continents. Les enfants de rue sont porteurs, livreurs, gardiens ou laveurs de voitures, cireurs de chaussures ou crieurs de journaux. Le lavage de voitures fait partie des petits métiers que beaucoup de jeunes gens pratiquent. On en rencontre de plus en plus dans les rues de la capitale, notamment devant le Lycée Moderne d’Ampefiloha.

 

«Il est vrai que les affaires marchent beaucoup plus pendant les périodes de pluies car les voitures salissent vite. Qu’il pleuve ou qu’il neige, les abonnés amènent tous les jours leurs voitures pour le lavage. Surtout pour un propriétaire qui aime le luxe», témoigne Naivo, un laveur de voitures à Manjakaray. Il reconnaît tout de même que le fait de venir pratiquer ce métier est mieux que de rester au quartier à se tourner les pouces ou à boire du thé à longueur de journée.

 

En moyenne, les propriétaires de voitures font laver leurs joyaux trois fois par semaine et ils restent fidèles à leur laveur habituel. Une voiture se lave à partir de 2 000 ariary, seulement l’extérieur ou avec l’intérieur. Le service s’offre dans la totale informalité, sans autorisation aucune et proposé sur les parkings publics. Beaucoup de propriétaires de voitures préfèrent les laveurs de voitures pour leur service abordable, plutôt que d’aller chez le lavage à haute pression avec des tarifs touchant les 20.000 ariary.

 

Mais derrière ce métier, d’autres voient loin que de rester indéfiniment laveur de voitures. «Je pense bien devenir chauffeur plus tard», affirme timidement l’un d’eux. Et de continuer : «C’est vrai qu’on obtient de l’argent en lavant 3 à 4 voitures par jour en moyenne, mais je ne souhaite pas en rester là». Il n’en demeure pas moins que les laveurs de voiture rencontrent des «jours sans» et que la CUA interdit tout lavage de voiture en pleine rue dans la capitale. Ce qui constitue un sérieux handicap pour le métier mais qui, quoi qu’on dise, semble difficile à mettre en vigueur. Car ne vaut-il pas mieux, effectivement voir les jeunes travailler au lieu de tourner le pouce comme ils le disent ?

 

NIR

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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