Le crapaud épineux menace la capitale

Publié le par Alain GYRE

Le crapaud épineux menace la capitale

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Nirhy Rabibisoa (à g.), lors de l’exposé au centre de presse malagasy, hier

 

03.05.2014

 

Une cellule d’urgence pour lutter contre  le crapaud épineux d’Asie a été mise en place. Une menace d’invasion de cette espèce se profile.

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Si l’invasion de crapaud épineux d’Asie ou Dut­taphrynus melanostictus, connu sous le nom vernaculaire de “Radaka voay” ou “Radaka boka”, qui a envahi la ville de Toamasina depuis le mois de mars, n’est pas maîtrisé avant la prochaine saison pluvieuse, d’ici le mois de novembre, il risque d’envahir plusieurs localités. Il se trouve actuellement à 19Km de la ville de Toama­sina », a lancé le docteur Nirhy Rabibisoa, coach de l’Amphibian specialist group Madagascar. Une information qu’il a dévoilée hier au Centre de presse Malgache d’Antsakaviro après des travaux sur terrain menés par les chercheurs sur les amphibiens et l’équipe du ministère de l’Environnement, de l’Écologie et des Forêts, relatifs à l’invasion de cette espèce de crapaud dans la ville du Grand port.

Pour l’instant, le crapaud épineux d’Asie n’aurait pas encore fait de victime auprès de la population. Toutefois, le crapaud épineux d’Asie a une ressemblance avec l’hoplobatrachus tigerinus, une autre espèce introduite vers 1950, connu sous le nom vernaculaire de Radaka. Ce dernier compte parmi les espèces de Radaka consommées par l’homme. « La différence principale entre ces deux espèces se situe au niveau de la tête. Le museau de l’hoplobatrachus tigerinus est plus pointu et la présence de glande mélanophore de forme allongée au dessus du membre antérieur au niveau de la partie dorsale est très remarquable chez le crapaud épineux d’Asie. Si par manque de vigilance l’homme consomme pourtant le Radaka voay, son poison va s’attaquer à son coeur ou à ses neurones. La manipulation de l’animal peut causer également des démangeaisons au niveau des narines et des yeux », a indiqué le docteur Nirhy Rabibisoa.

Sur les étals

Ce sont les pépinières, les serpents et les oiseaux qui constituent les principales victimes de cette espèce envahissante aujourd’hui. Son habitat préféré est le marais ainsi que le marécage, et si elle arrive dans la capitale, il risque de se trouver sur les étals comme l’écrevisse procambarus aleni (foza orana ou écrevisse marbrée). « Le crapaud épineux d’Asie est aussi connu pour ses vertus aphrodisiaques, ce qui aurait causé son importation dans la Grande île par des gens venus d’Asie du Sud Est. Cette espèce aurait également été transportée dans un conteneur en traversant l’océan Indien. Sa migration vers la capitale n’est pas ainsi à écarter », a ajouté Eric Robsomanitrandrasana, membre de la cellule d’urgence contre l’alien duttaphrynus melanostictus.

Quelques axes stratégiques ont été ainsi déterminés pour endiguer ce fléau avant l’arrivée de la saison pluvieuse comme la sensibilisation, l’identification de la répartition exacte de ce crapaud et la lutte mécanique. Mais les chercheurs restent dans la contradiction sur l’avenir. « Tout comme il est difficile de maîtriser les oiseaux migrateurs, il est tout aussi difficile de maîtriser dans l’eau le foza orana ou l’écrevisse marbré. Sachant maintenant que le crapaud épineux vit dans l’eau, nous pouvons désormais mener la lutte », a conclu Eric Robsomanitrandrasana.

L’Express

Publié dans Revue de presse

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