Le criquet nomade: un ravageur sous haute surveillance

Publié le par Alain GYRE

Le criquet nomade: Un ravageur sous haute surveillance à Madagascar

Samedi, 07 Juillet 2012

Pour parer aux invasions de criquets qui pourraient se révéler catastrophiques, le Cirad apporte son expertise scientifique aux autorités malgaches depuis plus de dix ans, en particulier au Centre national antiacridien (CNA), qui est chargé de surveiller et de contrôler en permanence deux espèces,

le criquet nomade et le criquet migrateur.

Ses recherches sur le criquet nomade permettent désormais de mieux cerner les zones à risque et de détecter très tôt les conditions favorables au démarrage des invasions.

Madagascar a fréquemment subi des invasions de criquets par le passé, et la dernière, qui remonte aux années 1997-1999, était essentiellement due au criquet migrateur, Locusta migratoria. Mais du nord au sud de l’île, les autorités malgaches ont dû aussi faire face à de nombreuses pullulations de criquets nomades, Nomadacris septemfasciata, un important ravageur des cultures et des pâturages. Les recherches effectuées sur le terrain ont pour objectif d’approfondir les connaissances sur l’écologie du criquet nomade et d’améliorer les stratégies de surveillance et de lutte.

Les derniers résultats publiés en 2011 ont conduit à une compréhension plus fine du déterminisme des pullulations et à une délimitation précise des zones les plus propices à la formation des essaims.

L’écologie du criquet nomade

Le criquet nomade possède une seule génération annuelle et effectue d’importantes migrations saisonnières à l’intérieur de l’île. Il passe toute la saison sèche en diapause imaginale, et la reproduction a lieu pendant la saison des pluies.

Les accouplements et les pontes se font en novembre et décembre, le développement des oeufs puis des larves de décembre à février.

C’est aux mois de mars et d’avril qu’apparaissent les jeunes ailés. La quantité et la régularité des précipitations au cours des mois de décembre et de janvier sont déterminantes : elles peuvent entraîner une très forte mortalité des œufs et des larves.

Une surveillance renforcée en saison des pluies

La surveillance doit donc être renforcée dans la zone principale de reproduction au début de la saison des pluies. Une petite frange sud-ouest, actuellement mal surveillée par le CNA, a été identifiée comme présentant la plus forte probabilité de grégarisation et d’apparition de pullulations. Il est également recommandé de mieux suivre l’abondance et la distribution des pluies en décembre et janvier. La quantité de pluie optimale pour le criquet nomade se situe entre 250 et 300 millimètres par mois. Une analyse en temps réel de la distribution des pluies permet de préciser le risque. Il augmente lorsque les précipitations sont régulièrement réparties dans le temps et diminue lors des périodes sèches de plus de trois semaines. Enfin, il est recommandé de porter une grande attention au déboisement, susceptible de créer de nouveaux habitats favorables aux pullulations.

En appliquant cette stratégie de prévention et de gestion du criquet nomade, il est maintenant possible de mieux prévoir et maîtriser les pullulations à Madagascar. Néanmoins, ce ravageur a tendance à former très fréquemment de nombreuses petites pullulations localisées.

Le CNA devra donc tout à la fois prendre les mesures nécessaires pour combattre les possibles invasions et assister au quotidien les communautés rurales dans la lutte.

Source : Le Cirad en 2011, rapport annuel.

La Gazette

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